Élie Semoun est resté fidèle à son costume d’instituteur has depuis quinze ans, tandis que quatre garçons différents se sont succédé pour incarner le cancre le plus célèbre du cinéma français. La saga en question, c’est Ducobu, adaptée de la bande dessinée belge signée Godi et Zidrou. Ducobu est une série de films français en prise de vues réelle adaptée de la série de bande dessinée belge L’Élève Ducobu. Et si le personnage-titre a changé de visage au fil des sorties, un seul acteur a traversé toute la franchise sans jamais céder sa place.
À retenir
- Une saga française unique en son genre qui a dû changer d’acteur principal quatre fois en seulement quatre films
- Un professeur qui a survécu à tous les changements et s’est même lancé dans la réalisation de la franchise
- Un casting complet remaniée à partir du troisième opus, sauf pour un duo resté fidèle au poste
Un cancre, quatre visages (et bientôt un cinquième)
Tout commence en 2011 avec le premier volet, réalisé par Philippe de Chauveron. Le jeune Vincent Claude y campe le petit tricheur en pull rayé, aux côtés d’Élie Semoun dans le rôle de l’instituteur Latouche. Le film cartonne grâce à 1,5 million d’entrées, ce qui lui permet de se faire connaître du grand public. Mais le succès pose un problème logistique tout simple : les enfants grandissent, et vite. Une suite est rapidement lancée, mais sans lui, car trop âgé, il est remplacé par François Viette.
Le phénomène se reproduit ensuite, film après film. Pour le troisième opus, sorti en 2020, Élie Semoun passe derrière la caméra en plus de rester devant, et un inconnu débarque dans la peau du cancre. Choisi par Elie Semoun parmi près de 2 000 enfants, ce garçon venant de Provence effectue pour l’occasion ses premiers pas devant une caméra. Deux ans plus tard, nouveau changement de visage pour « Ducobu Président ! » : dans les quatre longs métrages de la saga, le rôle-titre est à chaque fois joué par un acteur différent, Vincent Claude dans le premier, François Viette dans le second, Mathys Gros dans le troisième et Gabin Tomasino dans Ducobu Président. Et l’histoire ne s’arrête pas là : en 2024, un cinquième interprète prend le relais pour « Ducobu passe au vert ! ». Il succède à Vincent Claude, François Viette, Mathys Gros et Gabin Tomasino. Cinq garçons, cinq visages, un seul et même petit tricheur. Rarement une franchise française aura autant joué au jeu des chaises musicales avec son personnage principal, tout en gardant un fil narratif cohérent d’un film à l’autre.
Élie Semoun, l’unique rescapé de la saga
Face à cette valse d’enfants qui grandissent trop vite pour le rôle, une seule constante : le costume de Monsieur Latouche. Élie Semoun est le seul acteur à apparaître dans l’intégralité des films. Logique, en un sens : contrairement à ses jeunes partenaires, l’humoriste n’a pas de problème de croissance à gérer entre deux tournages. Mais au-delà de la simple contrainte physique, Semoun a fait de ce rôle bien plus qu’un simple emploi alimentaire. Il a fini par en devenir le visage public, au point que l’humoriste, célèbre pour son duo comique avec Dieudonné dans les années 90, est peu à peu devenu l’image du prof dans Ducobu.
Le comédien a d’ailleurs pris soin de creuser la psychologie de son personnage plutôt que de se contenter d’un instituteur hurlant sorti tel quel de la bande dessinée. Il expliquait vouloir donner à Latouche une existence propre, celle d' »un mec de quarante ans qui vit encore chez sa maman, vraisemblablement très peu expérimenté avec les femmes ». Cette fidélité au rôle a fini par payer : à partir du troisième film, Semoun prend même les commandes de la réalisation, cumulant casquette d’acteur et de metteur en scène. Sur la franchise entière, il reste, avec le personnage de sa mère qu’il incarne également, le seul à n’avoir jamais quitté le navire.
Autour de Ducobu, tout un jeu de chaises musicales
Le rôle-titre n’est pas le seul à avoir changé de visage. Toute la distribution autour du jeune cancre a été remaniée au fil des ans, souvent pour des raisons très concrètes de disponibilité ou, plus tristement, de décès. Prenez Mademoiselle Rateau, la collègue de Latouche : Émilie Caen succède à Joséphine de Meaux dans ce rôle, cette dernière étant occupée à jouer au théâtre. Même logique pour le père de Ducobu, joué successivement par plusieurs acteurs avant que Loïc Legendre, qui jouait un infirmier dans le premier film, reprenne le rôle d’Hervé Ducobu après Bruno Podalydès et Pierre-François Martin-Laval.
Le cas le plus marquant reste celui du boutiquier Kitrish. Le changement d’acteur n’est ici pas une question d’agenda mais une nécessité tragique : Gérard Jugnot reprend le rôle de M. Kitrish tenu dans le premier film par Jean-Paul Bonnaire, ce dernier étant décédé en 2013. Résultat, à partir du troisième volet, la production a quasiment renouvelé l’intégralité de son casting, à l’exception du duo Latouche/maman Latouche porté par Semoun. Outre le personnage de Ducobu, interprété par un jeune garçon différent à chaque film du fait que les jeunes comédiens grandissent au fil des années, c’est à partir du troisième volet que la majorité du casting subit un important changement.
La saga n’a pas fini de tourner. Un sixième volet est déjà dans les tuyaux : « Ducobu et le fantôme de Saint-Potache », prévu pour 2026, promet une nouvelle intrigue autour d’un fantôme hantant l’école Saint-Potache. Reste à savoir si un sixième enfant viendra encore endosser le pull rayé du cancre le plus insupportable du cinéma français, ou si la production choisira enfin de stabiliser ce rôle qui n’a jamais tenu plus de deux films avec le même visage.
Sources : allocine.fr | allocine.fr