Dix ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Gal Gadot pour comprendre que la page Wonder Woman est définitivement tournée. Alors qu’elle fait la promotion de son nouveau thriller The Runner sur Prime Video, l’actrice a lâché la confidence que personne n’attendait vraiment, mais que tout le monde redoutait un peu : elle n’a plus aucun contact avec James Gunn ou DC Studios au sujet d’un retour dans l’armure dorée. Trois ans après ses dernières apparitions en Wonder Woman, Gal Gadot affirme qu’elle n’a eu aucune discussion avec James Gunn, Peter Safran ou DC Studios à propos d’un retour dans le rôle, ou d’un autre personnage dans le DCU relancé, une question posée par ScreenRant alors qu’elle promouvait son thriller.
À retenir
- Un silence de trois ans qui devient plus éloquent que mille paroles
- Comment le traitement réservé à Henry Cavill et Patty Jenkins a influencé la décision de Gadot
- DC Studios accélère déjà le reboot de Wonder Woman avec une nouvelle actrice
Le silence qui en dit long
Le plus révélateur dans cette histoire, ce n’est pas une rupture fracassante. C’est justement l’absence de bruit. Gadot a précisé que les dernières discussions sérieuses sur son avenir dans la franchise avaient eu lieu à l’arrivée de la nouvelle direction du studio : « Ils sont venus au studio, et ils voulaient vraiment développer le troisième », a-t-elle dit, avant d’ajouter que depuis, elle n’a « rien entendu ». Pas de coup de fil, pas de mail, pas même une rumeur de couloir. Pour une actrice qui a porté le costume dans six films différents, ce silence a fini par devenir la réponse la plus claire possible.
Ce qui frappe, c’est le contraste avec le discours qu’elle tenait il y a encore deux ans. Gadot racontait alors avoir été invitée à une réunion avec James Gunn et Peter Safran, qui lui auraient dit : « Vous êtes en de bonnes mains. On va développer Wonder Woman 3 avec vous. On vous aime en Wonder Woman, vous n’avez rien à craindre. » Mais Variety avait rapidement douché cet optimisme, révélant qu’aucune promesse ferme n’avait réellement été faite. Deux versions d’une même histoire, et au bout du compte, c’est celle du silence qui a gagné.
Cavill, Jenkins : la méthode Gunn qui a tout changé
Pour comprendre pourquoi Gadot a fini par accepter son sort sans se battre, il faut regarder ce qui est arrivé à ses anciens partenaires de plateau. Dans un échange avec le podcast Happy Sad Confused, l’actrice a pointé du doigt la manière dont ont été traités Henry Cavill, débarqué du costume de Superman, et Patty Jenkins, réalisatrice évincée du projet Wonder Woman 3. « Ils m’ont dit le contraire. Ils me disaient : ‘On va le développer avec vous.’ Mais j’ai vu comment tous les autres ont été gérés, pas vrai ? La situation avec Henry n’a pas été gérée avec élégance, pour le moins. Pareil avec Patty. » Une pique feutrée, mais qui en dit long sur l’ambiance qui régnait en coulisses lors du grand reboot du DCU.
Le projet Wonder Woman 3 n’est pas mort de mort naturelle. Gadot et la réalisatrice Patty Jenkins préparaient un troisième film dans la continuité lancée par Wonder Woman en 2017 et sa suite Wonder Woman 1984 en 2020. Jenkins avait soumis un traitement pour la suite, mais la direction de Warner Bros. a choisi de ne pas donner suite, Variety rapportant en décembre 2022 que ce traitement ne correspondait pas aux plans de Gunn et Safran pour un DCU unifié. Jenkins elle-même a tenu à corriger le tir publiquement : « Je ne suis jamais partie », a-t-elle écrit, précisant qu’elle était ouverte à toute demande. Bref, personne n’a vraiment « quitté » ce projet. Il s’est juste évaporé.
Qui portera le lasso doré maintenant ?
Pendant que Gadot prend ses distances avec grâce, la machine DC Studios continue de tourner. DC Studios a engagé la scénariste de Supergirl, Ana Nogueira, pour écrire son reboot de Wonder Woman, la même autrice travaillant aussi sur un Teen Titans en live-action pour le studio. James Gunn a lui-même confirmé l’ampleur du chantier : Wonder Woman est devenue une priorité majeure pour le studio, Variety ayant révélé le 16 juillet que le projet était accéléré, et Gunn ayant confié en juin à Entertainment Weekly qu’un film Wonder Woman « est en cours d’écriture actuellement ». Un feuilleton parallèle existe même côté télé, puisque le studio développe aussi « Paradise Island », une série pour HBO se déroulant sur l’île natale de Wonder Woman, Themyscira, même si Gunn a précisé que ce projet avance « lentement ».
Personne n’a encore été annoncé pour reprendre le lasso. Mais un précédent trouble le jeu : celui de Jason Momoa, qui a troqué le trident d’Aquaman contre le personnage de Lobo dans le DCU, prouvant qu’un ancien visage de l’univers Snyder peut très bien revenir sous une autre identité. Gadot, elle, n’a même pas eu cette option sur la table. Elle n’a reçu aucune proposition pour incarner un personnage différent non plus, à l’inverse de Jason Momoa qui, après avoir incarné Aquaman dans l’ancienne franchise DC, est revenu dans le DCU de Gunn et Safran sous les traits de Lobo. Une fin de non-recevoir à peine voilée.
Il y a même eu un mirage collectif autour d’une possible réapparition surprise. Beaucoup de fans pensaient qu’elle rejoindrait le DCU après une scène post-générique mettant en scène les Personnages de Peacemaker John Economos et Emilia Harcourt, avant que Gunn n’affirme que cette scène n’était pas canonique, refermant définitivement la porte que certains croyaient encore entrouverte.
Une sortie sans amertume
Ce qui distingue Gadot dans cette affaire, c’est l’absence totale de rancœur affichée. Interrogée sur celle qui lui succédera, elle a préféré passer le flambeau avec élégance plutôt que de nourrir la polémique. « C’est un personnage tellement incroyable, que tant d’entre nous aiment profondément, alors quelle que soit celle qui va l’incarner, je lui souhaite de profiter de cette aventure extraordinaire avec ce personnage extraordinaire », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Je suis simplement reconnaissante d’avoir eu l’opportunité de porter ses bottes et de célébrer ce personnage incroyable et tout ce qu’il représente. »
Le détail qui remet les choses en perspective : le premier Wonder Woman de 2017 avait engrangé près de 822 millions de dollars dans le monde, un carton qui avait littéralement pulvérisé l’idée reçue selon laquelle un film de super-héroïne ne pouvait pas cartonner au box-office. Le film réalisé par Patty Jenkins a rapporté 822 millions de dollars dans le monde, brisant l’idée fausse de l’industrie selon laquelle le public ne s’intéressait pas aux films de super-héroïnes. Neuf ans plus tard, c’est cette même industrie qui referme la porte derrière elle, sans même un mot d’explication.
Sources : screenrant.com | au.variety.com | comicsblog.fr