Le Café des Deux Moulins d’Amélie Poulain existe-t-il encore ? Adresse, ce qui reste du décor et autres lieux du film à Montmartre

Oui, le Café des Deux Moulins existe toujours, au 15 rue Lepic, dans le 18e arrondissement de Paris, à deux minutes à pied du métro Blanche. Jean-Pierre Jeunet y a posé ses caméras en 2000 pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, sorti le 25 avril 2001. Son nom vient des deux moulins voisins : le Moulin Rouge en bas de la rue, le Moulin de la Galette en haut de la butte.

Le bar-tabac de quartier est devenu un lieu de pèlerinage.

Le film a attiré plus de 8 millions de spectateurs en France et décroché cinq nominations aux Oscars en 2002, dont celle du meilleur film étranger. Audrey Tautou y incarne Amélie, serveuse timide qui répare la vie des autres depuis le comptoir. Depuis, le café reçoit chaque jour des visiteurs venus du monde entier, appareil photo à la main. Beaucoup commandent une crème brûlée, rien que pour le plaisir de craquer la croûte du bout de la cuillère, comme l’héroïne.

À retenir
  • Le Café des Deux Moulins se trouve au 15 rue Lepic, à deux minutes à pied du métro Blanche.
  • L’ambiance colorée du film doit beaucoup à l’étalonnage numérique, pas à la réalité du lieu.
  • L’épicerie de la rue des Trois-Frères, au numéro 56, figure parmi les arrêts incontournables du parcours.
  • Le photomaton de Nino a été tourné à la gare de l’Est, dans le 10e arrondissement.

Ce qu’on y trouve aujourd’hui, et ce qui a disparu

Le lieu a gardé son activité de café-restaurant, avec une terrasse sur la rue Lepic et une salle qui joue ouvertement la carte du film. Affiches, clins d’œil à Amélie et carte pensée pour les fans : l’établissement assume son statut de décor culte. Les horaires et la carte évoluent, donc un coup d’œil sur les canaux officiels de l’établissement avant de se déplacer évite les mauvaises surprises.

Mais ne cherchez pas le café exact de l’écran.

L’ambiance de l’image doit énormément à la postproduction. Le film a été l’un des premiers longs métrages français à subir un étalonnage numérique aussi poussé, avec ces rouges profonds et ces verts dorés qui lui donnent son aspect de conte. Dans la réalité, la lumière est plus ordinaire, les murs moins saturés, et l’ensemble ressemble à un bistrot parisien classique, ce qui ne l’empêche pas d’être très agréable. Le comptoir où Gina, Georgette ou Joseph (Dominique Pinon, éternel jaloux d’Amélie) évoluent à l’écran a aussi été mis en scène pour la caméra, avec un cadrage qui fait paraître l’espace plus vaste.

Côté fréquentation, mieux vaut viser le milieu d’après-midi en semaine. Aux heures de déjeuner et le week-end, la file de photographes sur le trottoir s’allonge, et les tables se libèrent rarement.

Le parcours Amélie dans Montmartre

Le café n’est que la première étape d’un circuit qui se fait à pied en une demi-journée. Depuis la rue Lepic, cap sur la rue des Trois-Frères, où se trouve l’ancienne épicerie du film, au numéro 56. C’est là qu’Amélie inflige ses petites vengeances au tyrannique Collignon et fait grandir son commis Lucien, joué par Jamel Debbouze. La devanture est devenue un arrêt photo obligé.

Plus haut, la station Abbesses et sa verrière Art nouveau, signée Hector Guimard, apparaissent dans le film comme un morceau de Paris de carte postale. À quelques centaines de mètres, le Sacré-Cœur et ses escaliers servent de belvédère sur la ville, un point de vue que les fans de la bande originale de Yann Tiersen rejoignent souvent en musique dans les oreilles. Montez-y à l’heure du coucher du soleil si vous voulez la lumière dorée du film, sans filtre numérique cette fois.

Trois adresses suffisent à faire une promenade cohérente. La rue Lepic, la rue des Trois-Frères et la butte forment un triangle de moins de deux kilomètres, ce qui laisse le temps de s’arrêter dans les boutiques de la rue des Abbesses.

Hors de la butte : deux lieux à ne pas rater

Le film déborde de Montmartre. La scène du photomaton, où Nino collectionne les portraits ratés abandonnés, a été tournée à la gare de l’Est, dans le 10e arrondissement. Le vrai photomaton n’est plus exactement celui de 2001, mais la gare reste le point de départ idéal pour les inconditionnels.

À dix minutes de marche, le canal Saint-Martin accueille le moment le plus doux du film, quand Amélie fait ricocher des pierres sur l’eau. Les quais, avec leurs passerelles en fer et leurs écluses, sont restés presque identiques depuis le tournage. C’est un bon complément au parcours montmartrois, surtout en fin de journée.

Le film a fêté ses 25 ans en avril 2026, et le café de la rue Lepic reste son adresse de référence : un quart de siècle après, on y croise encore des gens qui commandent la crème brûlée en silence, cuillère en main, avant même d’avoir regardé la carte.