Taxi : la Peugeot 406 du film, le modèle exact et les modifications faites pour les cascades

La star de Taxi n’est pas un prototype tombé du ciel. C’est une Peugeot 406 berline blanche dotée d’un V6 de 210 chevaux, transformée dans les ateliers de Christian Bonnichon, à Nemours, en Seine-et-Marne. La production a utilisé six exemplaires pendant le tournage, et aucun ne faisait le même boulot. Samy Naceri, alias Daniel, ne tenait d’ailleurs pas toujours le volant.

Cinq ont été transformées, la sixième était déjà une voiture de course.

À retenir
  • La voiture du film est une Peugeot 406 berline blanche avec un V6 de 210 chevaux
  • Six exemplaires ont été utilisés, chacun avec un rôle précis devant la caméra
  • Ailerons, jupes et sièges électriques ont été ajoutés dans les ateliers de Nemours

Le modèle exact : une 406 V6 presque de série

La fiche technique la plus répandue décrit un V6 3.0 de 24 soupapes de 210 chevaux, associé à une boîte automatique ZF. Les sources ne s’accordent pas sur tout. Une voiture de Taxi 2 présentée par un site américain parle d’un V6 PSA de 2,9 litres sur boîte manuelle à cinq rapports. L’écart de cylindrée vient probablement de l’arrondi, ce V6 étant présenté tantôt en 2,9, tantôt en 3,0 litres. Pour cette version, on évoque environ 7,5 secondes de 0 à 60 mph (96 km/h) et une pointe autour de 140 mph, soit 225 km/h.

Sous le capot, la voiture de Taxi 2 décrite par ce site reste très banale. Le spectacle se joue donc ailleurs : dans la carrosserie, le châssis et l’habitacle.

Ailerons, jupes et sièges électriques : ce qui a changé

Pour le premier film, la 406 reçoit des ailerons, des jupes, des diffuseurs et un châssis surbaissé. Dans Taxi 2, sorti en 2000, la panoplie s’étoffe d’un énorme bouclier avant, d’un grand aileron arrière et de deux prises d’air sur le toit. Ça paraît excessif aujourd’hui. Dans l’Europe de la fin des années 90, ce genre de préparation était courant.

Une 406 V6 de 1999, passée en vente chez Bonhams, permet de voir le travail en détail. Avant le tournage de Taxi 2, elle a été confiée à Christian Bonnichon, spécialiste de la préparation de voitures de cinéma pour Peugeot, afin de devenir l’une des 406 « hero-stunt ». Elle a reçu le kit carrosserie complet, des jantes TSW Imola, la peinture blanche brillante, une sellerie cuir sur mesure et des sièges avant électriques. À l’intérieur, un volant façon « Alain Prost » remplace celui de série, le levier de vitesses imite celui d’un avion, et les pare-soleil cachent un panneau de commande. À l’arrière, on trouve même les sacs à vomi vus à l’écran.

Planchers et bas de caisse ont aussi été adaptés pour loger les ailes déployables de la scène d’aéroport.

Six voitures, six rôles

Chaque exemplaire avait sa spécialité devant la caméra. Le premier, un taxi normal, servait surtout aux plans larges. Le deuxième montrait la transformation en machine de guerre, et le troisième était réservé aux prises de vues de l’intérieur. Le quatrième avait un volant supplémentaire à droite, pour que des pilotes expérimentés conduisent à la place de Samy Naceri.

Ces pilotes n’étaient pas des figurants. Luc Besson a engagé de célèbres pilotes de course, comme Raymond Touroul, Renaud Malinconi ou Jean-Louis Schlesser, pour exécuter les cascades dans les rues de Marseille.

Le dernier exemplaire servait de voiture travelling, pour filmer les autres en mouvement.

Reste le cas de la voiture de course. Conçue pour la catégorie tourisme, elle a été sacrée championne d’Allemagne l’année de la sortie du premier film. Un détail qui rappelle que, derrière l’humour de la série, le cahier des charges était sérieux : il fallait une voiture capable de tenir des poursuites à haute vitesse, prise après prise.

Après la 406 : la 407 prend le relais

La 406 a tenu trois films. Samy Naceri l’a pilotée dans Taxi 1 à 3, puis la Peugeot 407 a pris la relève pour le quatrième volet. Bonnichon raconte que douze éléments de carrosserie ont été modifiés, que la caisse a été abaissée de 8 centimètres, et qu’un exemplaire a été boosté à 250 chevaux. Le principe n’a pas changé : une berline de série, habillée pour l’écran.

Si vous croisez un jour l’une de ces voitures à vendre, vérifiez ses papiers. Un exemplaire proposé à la vente il y a quelques années n’était pas homologué pour la route, car il était arrivé directement de Peugeot chez Luc Besson. Il aurait été livré sans numéro de série de châssis, ce qui empêche de l’immatriculer.