Depuis quinze ans, Blumhouse s’est imposé comme la marque de fabrique du cinéma d’épouvante à petit budget et gros succès. Le studio de Jason Blum a bâti quatre franchises solides sur le sol français, entrées au box-office une à une depuis 2009. Le problème, c’est qu’on lui prête aussi la paternité d’une cinquième saga culte, celle qui a rendu les nonnes et les maisons hantées terrifiantes pour toute une génération. Mais elle n’a jamais porté le logo Blumhouse. Démonstration.
1. Paranormal Activity (2009)
Tout commence ici. Le found footage minimaliste d’Oren Peli, tourné pour 15 000 dollars dans sa propre maison, débarque dans les salles françaises en 2009 et lance officiellement l’ère Blumhouse. Le film devient un phénomène mondial avec plus de 190 millions de dollars de recettes, un ratio budget/rentabilité qui va littéralement définir le modèle économique du studio pour la décennie suivante. Sept films suivront la franchise jusqu’en 2021, mais c’est bien ce premier volet qui a posé la pierre fondatrice de l’empire horrifique de Jason Blum.
2. Insidious (2011)
James Wan et Leigh Whannell débarquent chez Blumhouse avec cette histoire de projection astrale qui tourne au cauchemar. Sorti en France en 2011, le film impose Lin Shaye en médium badass et installe l’esthétique so-Blumhouse : jump scares chorégraphiés, budget contenu (1,5 million de dollars) et rentabilité folle. La saga comptera cinq films jusqu’en 2023. C’est ce même James Wan qui, quelques années plus tard, va créer la confusion la plus tenace autour du nom Blumhouse, comme on le verra plus bas.
3. American Nightmare / The Purge (2013)
Ethan Hawke et une nuit où tous les crimes sont légaux : voilà le pitch qui débarque en salles françaises en 2013 sous le titre American Nightmare. Blumhouse frappe encore fort avec un budget de 3 millions de dollars pour 89 millions de recettes mondiales. La saga s’étend ensuite sur quatre films et une série TV, devenant l’une des franchises politiques les plus commentées de l’horreur contemporaine, entre satire sociale et carnage assumé.
4. Happy Death Day (2018)
Blumhouse recycle le principe de la boucle temporelle façon « Un jour sans fin » version slasher, et ça fonctionne. Sorti en France en 2018, le film suit Tree Gelbman condamnée à revivre le jour de son meurtre jusqu’à démasquer son tueur. Deux volets, un ton plus horreur-comédie que ses cousines de la maison, mais toujours la même mécanique Blumhouse : petit budget, gros twist, franchise assurée.
5. La Conjuring : la saga qu’on lui attribue à tort
Voilà le vrai malentendu. Beaucoup de spectateurs français rangent instinctivement La Conjuring dans le catalogue Blumhouse, persuadés que le studio horrifique a mis la main sur les Warren. Faux. La franchise, lancée en 2013, appartient à New Line Cinema et Warner Bros., pas à Jason Blum. La confusion vient d’un seul homme : James Wan, réalisateur d’Insidious ET de Conjuring, dont le style hante les deux univers. Résultat, on lui prête une saga entière que Blumhouse n’a jamais produite, ni même distribuée en France.
Quatre sagas bien réelles, une cinquième fantôme qu’on continue d’attribuer par réflexe. Blumhouse n’a pas besoin d’emprunter des lauriers qu’il n’a jamais portés.