Coco 2 sortira en salles en novembre 2029, ce sera le 35e long métrage d’animation de Pixar. Douze ans après un film qui avait ému la planète entière, Disney vient de refermer une parenthèse que le studio avait pourtant promis de ne jamais rouvrir : celle des suites à répétition, censées avoir disparu du paysage depuis 2019.
À retenir
- Pourquoi Pixar revient-il sur une promesse solennelle faite en 2019 ?
- Quel secret Pete Docter cache-t-il derrière le retour des suites ?
- Coco 2 annonce-t-il la fin de l’innovation créative chez Pixar ?
Une promesse vieille de sept ans, déjà oubliée
Remontons un peu le fil. En 2019, à l’approche de la sortie de Toy Story 4, Pixar avait officiellement tourné la page des franchises. Le studio annonçait alors que Toy Story 4 serait la dernière suite avant de se consacrer uniquement à des projets originaux, sous l’impulsion du nouveau patron créatif Pete Docter. Le producteur Mark Nielsen l’affirmait noir sur blanc à l’époque : « Il est vraiment attentif aux nouvelles voix et il charge vraiment le pipeline de développement », « C’est que des films originaux après celui-ci, pour l’instant. » Une ligne éditoriale séduisante sur le papier, portée par un studio qui venait justement de sortir Coco, salué comme un retour en forme de Pixar après une série de suites animées.
Sept ans plus tard, le calendrier raconte une tout autre histoire. Entre Hoppers (mars 2026), Toy Story 5 (juin 2026), Les Indestructibles 3 (2028) et désormais Coco 2 (novembre 2029), la promesse du « plus jamais de suites » ressemble aujourd’hui à un vœu pieux vite balayé par les impératifs économiques. D’ailleurs, un journaliste de Variety le résume sans détour : « Coco 2 » est la dernière suite Pixar qui espère capitaliser sur les plus grands succès du studio de ces dernières décennies, avec Toy Story 5 et Inside Out 2 qui ont chacun dépassé le milliard de dollars au box-office mondial. Le message est clair : quand une suite peut rapporter un milliard, l’argument créatif pèse moins lourd face à la feuille de calcul.
Comment Pixar justifie ce virage
Pete Docter, toujours en poste comme directeur de la création, n’a jamais vraiment renié sa position initiale. Il a plutôt affiné le discours. Interrogé sur la multiplication des suites, il a expliqué que Pixar explore des franchises familières, mais aussi des histoires qui semblent accessibles, dans l’espoir de toucher un large public. une suite ne se décide plus par automatisme, mais seulement quand elle a quelque chose de neuf à raconter. Il l’a même formulé de façon presque défensive : « même dans les suites, le risque c’est de finir par répéter des intrigues ou des thèmes déjà traités », « on avait des premières versions d’Inside Out 2 où ils repartaient sur les souvenirs fondateurs, et il fallait qu’on bouscule ça. »
Le patron créatif a aussi posé des critères plus concrets pour décider quels films méritent une suite. Il a expliqué que les films de Pixar doivent remplir plusieurs critères pour devenir une franchise, à commencer par l’intérêt du public : « si ça ne marche pas bien, en général on n’explore pas davantage. » Coco coche évidemment toutes les cases : le film original de 2017 était devenu un carton critique et commercial, remportant deux Oscars et dépassant les 800 millions de dollars au box-office mondial. Un tel succès rendait la suite presque inévitable, malgré les grands discours sur l’originalité à tout prix.
Ce que l’on sait déjà de Coco 2
L’annonce initiale remonte à mars 2025. Bob Iger avait dévoilé le projet lors de l’assemblée générale annuelle des actionnaires de Disney, précisant que la suite, encore aux tout premiers stades de développement, visait une sortie en salles en 2029. Il avait ajouté, dans une formule prudente mais chaleureuse : « Le film n’en est qu’aux premières étapes, mais on sait déjà qu’il sera plein d’humour, de cœur et d’aventure », « Et on a hâte d’en dire plus bientôt. »
Il aura fallu attendre le D23 en août 2026 pour obtenir de vraies précisions. On y a appris que Disney a dévoilé de nouveaux visuels montrant un Miguel adolescent aux côtés de son fidèle chien Dante, et que le film sortira en salles en novembre 2029, avec Benjamin Bratt qui reprendra le rôle d’Ernesto de la Cruz. L’acteur a même donné un aperçu de l’intrigue sur scène : « Pour certains, Miguel est un petit fléau qui a détruit une carrière et anéanti une légende », « Ernesto de la Cruz revient pour se venger, envoyant Miguel dans une aventure de retour au pays des morts », « la preuve que le destin a le sens de l’humour, Miguel doit s’associer à une superstar charmante : moi. » Aux manettes, on retrouve le réalisateur original Lee Unkrich, qui revient réaliser aux côtés d’Adrian Molina, tandis que Mark Nielsen, vétéran de Pixar connu pour Toy Story 4 et Inside Out 2, est attaché à la production. Une garantie de continuité créative qui rassure, même les plus sceptiques face à cette avalanche de suites.
Une stratégie assumée, pour le meilleur et pour le pire
Difficile de reprocher à Disney de vouloir prolonger une histoire aussi marquante que celle de Miguel et sa famille. Le film original avait touché une corde sensible rarement effleurée par l’animation grand public, entre transmission familiale et Jour des Morts mexicain. Mais le calendrier qui s’étale désormais jusqu’en 2029, avec quasiment une suite par an d’ici là, montre bien que le studio a définitivement abandonné son ambition de tout miser sur l’originalité. L’attraction Coco en construction à Disney California Adventure et la présence du personnage dans le prochain jeu Kingdom Hearts confirment d’ailleurs que la franchise est promise à une exploitation qui dépasse largement le seul long métrage.
Reste une question que même les fans les plus enthousiastes finissent par se poser : à force d’enchaîner les suites bankables, Pixar aura-t-il encore la place, et l’audace, de produire le prochain film aussi personnel et risqué qu’un Soul ou un Luca ? La réponse se joue peut-être moins dans les salles de cinéma que dans les salles de réunion de Burbank.
Sources : variety.com | pixar.com | disney.fandom.com