Alignez les films Star Wars sortis en salles depuis décembre 2019 et comptez-les : c’est ce vide que Ryan Gosling est chargé de refermer

Sept années. C’est le temps qu’il a fallu à Lucasfilm pour remettre un vaisseau spatial siglé Star Wars sur grand écran. Depuis L’Ascension de Skywalker, sorti le 18 décembre 2019 en France, la saga cinéma s’était tue, laissant le champ libre aux séries. Le nom chargé de rallumer les moteurs ? Ryan Gosling, tête d’affiche de Star Wars: Starfighter, un film signé Shawn Levy dont la sortie est fixée au 28 mai 2027.

À retenir

  • Pourquoi Lucasfilm a laissé Star Wars au cinéma en sommeil pendant sept ans après 2019
  • Comment Ryan Gosling devient la clé d’une relance qui évite de s’accrocher aux personnages connus
  • Quel pari Shawn Levy prend en ressuscitant une franchise fatiguée sans filet scénaristique

Un silence de cinéma, pas un silence tout court

Il faut être précis, parce que le vide n’est pas tout à fait total. Moins de sept ans après L’Ascension de Skywalker, c’est grâce à l’une des séries que la franchise revient là où tout a commencé, avec The Mandalorian and Grogu qui a atteint les salles avant Starfighter. Mais dans l’imaginaire collectif, ce film reste une extension d’une série télé, pas un long métrage pensé dès le départ pour le grand écran. Starfighter, lui, change de statut : c’est le premier vrai film Star Wars original depuis la fin de la trilogie Skywalker, sans personnage récurrent connu au générique, sans filiation directe avec une série existante.

La franchise avait pourtant multiplié les annonces de projets cinéma sans qu’aucun ne franchisse la ligne d’arrivée. Des scénaristes et réalisateurs de poids, de Taika Waititi à James Mangold, ont été associés à des films Star Wars qui n’ont jamais vu le jour ou restent encore en développement, comme des projets signés par Sharmeen Obaid-Chinoy, James Mangold, Taika Waititi et une nouvelle trilogie portée par Simon Kinberg. Autant dire que la barre était haute pour celui qui franchirait enfin la ligne.

Kade Auberon, l’inconnu qui doit porter la saga

Le personnage de Ryan Gosling s’appelle Kade Auberon. L’acteur l’a lui-même présenté sur scène lors du D23, glissant que « Kade is a guy from the wrong side of the galaxy, whose fate is intertwined with the fastest starfighter ever built ». Une phrase qui sonne comme un clin d’œil version spatiale aux histoires de pilotes rebelles et de bagnoles trafiquées, pas un hasard puisque Shawn Levy a confié s’être inspiré de la culture automobile américaine et de films comme American Graffiti pour construire son univers.

L’intrigue se situe environ cinq ans après les événements de 2019’s Star Wars: Episode IX – The Rise of Skywalker, dans une période totalement inexplorée à l’écran jusque-là. Pas de suite déguisée, pas de prequel caché : Lucasfilm insiste sur le fait qu’il s’agit d’une « standalone adventure taking place approximately five years after the events of 2019’s Star Wars: Episode IX – The Rise of Skywalker », avec des personnages entièrement nouveaux. Un pari risqué dans une franchise où le fan-service a longtemps été la norme, mais aussi la seule façon crédible de repartir sur des bases neuves après l’essoufflement critique de la trilogie précédente.

Autour de Gosling, le casting ne manque pas de poids : Matt Smith, Mia Goth, Amy Adams, Aaron Pierre, Simon Bird, Jamael Westman, Daniel Ings et le jeune Flynn Gray complètent une distribution qui mélange têtes d’affiche installées et nouveaux visages. Le scénario est signé Jonathan Tropper, un choix qui traduit la volonté de Levy de raconter une histoire humaine avant tout, « hope, family and adventure » comme il le répète depuis l’annonce du projet.

Pourquoi Levy, pourquoi maintenant

Shawn Levy n’est pas un inconnu chez Disney. Sorti tout juste de son carton Deadpool & Wolverine, le réalisateur nourrissait ce rêve depuis longtemps : Shawn Levy a fait le voyage jusqu’à Londres dès le milieu des années 2010 spécifiquement pour rencontrer la présidente de Lucasfilm Kathleen Kennedy et lui exprimer son amour pour la franchise Star Wars. Le projet a longtemps été mis en pause, le temps que Levy termine son autre grand œuvre télévisuel, Stranger Things.

Le tournage, lui, s’est déroulé loin des studios habituels : direction la Méditerranée et la Sardaigne, où le tournage s’est également déroulé en Sardaigne, en Italie, et s’est conclu en décembre. Une localisation qui tranche avec l’imagerie désertique devenue un peu répétitive dans la saga ces dernières années, et qui laisse deviner une esthétique différente, plus ancrée dans une mer que dans du sable.

Le clin d’œil le plus savoureux reste la date de sortie elle-même. Levy l’a confirmé en personne : « I’m honored that we’re releasing our film on the same exact weekend that the original ‘Star Wars’ came out exactly 50 years earlier ». Un symbole fort, calculé au jour près, qui place Starfighter dans la continuité directe du film fondateur de George Lucas sorti en 1977, comme un anniversaire déguisé en blockbuster.

Ce qui reste flou, et ce qu’on sait déjà

Disney et Lucasfilm ont verrouillé l’intrigue avec un soin presque militaire. Aucun synopsis détaillé, aucune confirmation officielle sur un éventuel retour de personnages de la trilogie sequel, même si la possibilité n’est pas exclue selon plusieurs médias américains. Le tournage a débuté en septembre 2025 et s’est achevé fin d’année, laissant une longue phase de post-production avant la sortie, un calendrier assez classique pour une production de cette ampleur.

Reste une question qui dépasse le simple calendrier : ce standalone parviendra-t-il à convaincre un public parfois refroidi par la trilogie sequel, sans s’appuyer sur aucun nom déjà installé dans l’imaginaire collectif de la saga ? La réponse arrivera le 28 mai 2027, mais un détail mérite d’être noté : c’est la première fois depuis Rogue One en 2016 que Lucasfilm mise entièrement sur des personnages inédits pour porter un film Star Wars en salles, sans aucune béquille scénaristique issue des épisodes numérotés.

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