Robert Downey Jr. ne reviendra pas en Iron Man dans Avengers: Doomsday. Il incarne Victor Von Doom, le grand méchant du prochain volet Marvel, et cette annonce continue de diviser les fans presque deux ans après sa révélation. Le vrai pari n’est pas nostalgique, il est stratégique : Marvel joue gros en misant sur le même visage pour incarner à la fois son héros fondateur et son plus grand antagoniste.
À retenir
- Pourquoi Marvel a-t-il choisi de faire jouer le même acteur pour son héros fondateur ET son plus grand méchant ?
- Comment un accent en deux phrases a éclipsé toutes les révélations de la bande-annonce sur les réseaux sociaux
- Quel rôle crucial jouera Doctor Doom dans la relance d’une franchise fatiguée depuis Endgame ?
Un choix qui remplace un scandale par un autre risque
Pour comprendre l’ampleur du pari, il faut remonter à l’origine du problème. Le film s’appelait initialement Avengers: The Kang Dynasty, pensé autour du personnage joué par Jonathan Majors. Mais le projet devait initialement s’articuler autour d’un variant de Kang le Conquérant, incarné par Jonathan Majors, avant que Majors soit reconnu coupable d’agression et de harcèlement lors de son procès en décembre 2023. Marvel s’est retrouvé avec un script à réécrire en urgence, et la solution choisie a été radicale : abandonner Kang au profit de Doctor Doom, avec Downey Jr. dans le rôle-titre.
L’annonce, faite au Comic-Con de San Diego en juillet 2024, a créé l’effet de surprise recherché mais pas forcément l’adhésion. Le film formerly titled Avengers: The Kang Dynasty a été retravaillé et rebaptisé Avengers: Doomsday, révélant que Doctor Doom ferait enfin ses débuts dans le MCU, et la réaction des fans a été mitigée. Le problème de fond n’a jamais vraiment disparu : une partie du public reproche à Marvel d’avoir troqué une polémique judiciaire contre une autre controverse, cette fois liée à la représentation du personnage. Il existe une réelle inquiétude concernant le blanchiment du personnage, un grand nom étant casté à la place d’un acteur d’origine romani, comme l’est Doom dans les comics. Marvel a préféré la sécurité d’une star bankable à la prise de risque d’un nouveau visage inconnu, un calcul qui en dit long sur la pression commerciale pesant sur ce cinquième volet.
L’accent qui a fait plus parler que le costume
Le vrai test est arrivé le 20 juillet 2026, avec la première bande-annonce complète du film. Et ce n’est ni le costume ni l’intrigue qui a monopolisé les conversations, mais la voix. La bande-annonce s’ouvre sur Doom qui narre avec un registre lent, pseudo-est-européen, disant « Something’s coming, something we may not be able to deter ». Deux phrases ont suffi à faire exploser les réseaux sociaux.
En quelques heures, l’accent avait éclipsé toutes les autres révélations des images, y compris Loki, Mystique et un premier aperçu du manoir des X détruit. Le camp qui défend Downey Jr. y voit la preuve qu’il ne se contente pas de refaire du Tony Stark, en s’appuyant notamment sur son Oscar récent pour Oppenheimer comme gage de sa capacité à sortir du registre familier. L’autre camp, lui, trouve la performance clairement décalée par rapport à ce qu’on attendait. Un point fait cependant l’unanimité, ou presque : une séquence où Doom arrête le Stormbreaker de Thor de deux doigts levés a été nommée à répétition par les fans comme le moment où leurs plaintes se sont tues. Preuve que le pari peut fonctionner, à condition que la mise en scène compense les hésitations sur la voix.
Un chantier titanesque qui doit relancer toute la saga
Ce qui rend le pari encore plus périlleux, c’est l’ampleur du film qui doit le porter. Le synopsis d’Avengers: Doomsday teasé par Marvel évoque « an existential threat unlike anything ever encountered » et un film qui doit « lay the foundation for the future of the Marvel Cinematic Universe ». le studio ne demande pas simplement à Downey Jr. de jouer un méchant crédible : il lui confie la charge de relancer une franchise fatiguée après plusieurs films et séries jugés inégaux depuis Endgame.
La distribution donne une idée du niveau d’exigence. Aux côtés de Robert Downey Jr., le casting réunit Chris Hemsworth en Thor, Chris Evans en Steve Rogers, et plusieurs X-Men de l’ère Fox, dont Patrick Stewart en Professeur X, Ian McKellen en Magneto et James Marsden en Cyclope. Un rassemblement générationnel qui n’a pas d’équivalent depuis Avengers: Endgame, et qui place une pression folle sur les épaules du film, prévu pour le 18 décembre 2026.
Les Russo, revenus derrière la caméra pour l’occasion, ont eux-mêmes reconnu l’ampleur du chantier créatif. Joe Russo a expliqué que Downey Jr. est « so immersed » et « so dialed in » sur le personnage, écrivant lui-même son passé, ses idées de costume, ajoutant qu’il aime les personnages riches et tridimensionnels et qu’il voit une vraie opportunité dans ce rôle. De quoi rassurer sur l’investissement de l’acteur, mais sans garantir que le résultat convaincra un public déjà fracturé sur la question.
Doom ne sera d’ailleurs pas cantonné à ce seul film. Downey doit également apparaître dans Avengers: Secret Wars, prévu pour mai 2027, qui doit clore la Multiverse Saga. Le vrai enjeu n’est donc pas de savoir si Downey Jr. porte bien le costume de Doom en décembre, mais s’il parvient à faire oublier Iron Man pendant deux films consécutifs, dans une saga qui joue sa crédibilité sur ce seul pari.
Sources : goldderby.com | slashfilm.com