Si les salles françaises reprogramment Les Dents de la mer et Crawl cet été, ce n’est pas la nostalgie : c’est ce qu’un studio prépare avec Samara Weaving

Sur les affiches des cinémas français, le grand requin blanc de Steven Spielberg partage parfois l’écran avec Kaya Scodelario coincée dans un sous-sol inondé d’alligators. Coïncidence de programmation ? Pas vraiment. Ces retours estivals de Les Dents de la mer et de Crawl collent avec un mouvement bien plus large qui agite Hollywood depuis plusieurs mois : le grand retour du film de prédateur aquatique, décliné cette fois avec une nouvelle recrue inattendue, Samara Weaving.

À retenir

  • Pourquoi les studios abandonnent les guêpes pour les requins… ou l’inverse ?
  • Le secret que partagent tous les producteurs de créatures tueuses hollywoodiennes
  • Comment Samara Weaving s’est retrouvée au cœur d’une mini-vague de prédateurs que personne n’avait vu venir

2026, une année à nouveau dévorée par les requins

Le calendrier des sorties parle de lui-même. Les films de requins sont redevenus tendance à l’approche de l’été, avec l’annonce de White porté par Kate Beckinsale. Quelques semaines plus tôt, IFC lançait Chum en salles le 5 juin 2026, un thriller aquatique porté par Alice Eve. Puis Amazon MGM Studios a enfoncé le clou avec The Devil’s Mouth : Prime Video a dévoilé la bande-annonce de ce nouveau thriller aquatique porté par Kathryn Newton et Lana Condor, dans lequel cinq amis partis explorer un réseau de grottes se retrouvent piégés sous l’eau, traqués par une menace rapide et mortelle. Le film est disponible sur Prime Video depuis le 29 juillet 2026.

Un site spécialisé dans le streaming résume bien le phénomène : le long métrage s’inscrit dans une mini-vague de films de requins qui a repris de la vigueur cette année, entre autres sorties numériques et plateformes concurrentes. Et ce n’est pas un hasard de calendrier. Le monstre marin reste une machine à fantasmes d’une efficacité insolente, parce qu’il combine peur primitive, décor fermé et mécanique de survie ultra lisible. Pas besoin d’un budget pharaonique pour faire trembler les abonnés, juste d’une mâchoire bien placée.

La France n’est pas en reste dans cette histoire d’amour avec les squales. Le triomphe inattendu de Sous la Seine l’a bien montré : avec 102 millions de vues sur Netflix, le film a été l’une des plus grandes surprises récentes sur la plateforme, porté par un requin affamé égaré dans les eaux de la capitale alors que se prépare une épreuve sportive. De quoi préparer le terrain à toutes les reprises qui ont suivi, y compris celle du modèle original. Les cinémas Pathé ont ainsi célébré l’anniversaire du film fondateur : à l’occasion des 50 ans du film, une séance spéciale Il était une fois a permis de redécouvrir le classique Les Dents de la Mer, présentée par le critique Philippe Rouyer. Certaines salles ont même proposé le film pour la première fois en 4DX en France, une occasion unique de croiser le regard du terrible Bruce, comme si vous y étiez. Le requin de 1975 continue donc de faire vendre des places, cinquante ans après avoir semé la panique sur les plages d’Amity.

Le vrai indice : les producteurs du requin passent aux guêpes

Voilà où l’histoire devient intéressante. Les studios qui alimentent cette vague de créatures tueuses ne se contentent pas de recycler des requins. Ils testent d’autres prédateurs, et Samara Weaving en est la nouvelle égérie. Selon Deadline, Samara Weaving et Nicholas Braun sont annoncés pour porter Hivemind, un thriller environnemental de Thunder Road et Badlands actuellement en tournage à Dublin. Le pitch ? L’histoire centrée sur l’évolution d’une nouvelle espèce de guêpes tueuses et les autorités d’une petite ville qui s’unissent pour empêcher une épidémie mondiale meurtrière.

Le détail qui change tout : les mêmes noms circulent d’un projet à l’autre. Basil Iwanyk et Erica Lee, les producteurs à la tête de Thunder Road, figurent à la fois derrière The Devil’s Mouth et derrière Hivemind. Concrètement, l’écurie qui a fabriqué le film de requin de l’été fait aujourd’hui glisser sa recette vers un autre animal, mais garde exactement le même moule narratif : petite communauté isolée, prédateur qui prolifère, course contre le temps. Le tout distribué à l’international par le géant du streaming, puisque Amazon MGM Studios a rejoint Hivemind, avec pour projet de diffuser le film à l’international sur Prime Video.

Pour Samara Weaving, ce nouveau tournage arrive au sommet d’une année déjà chargée. Elle vit une année majeure, avec sa casting en Emma Frost dans le X-Men de Marvel, et vient de reprendre son rôle dans la comédie horrifique Ready or Not 2 chez Searchlight, tout en ayant été vue cette année dans Over Your Dead Body, primé à SXSW, et dans le thriller romantique Carolina Caroline chez Magnolia. Ajoutez à cela une apparition pressentie dans l’adaptation live-action de The Legend of Zelda, et on comprend que l’actrice australienne est devenue, presque sans le vouloir, l’un des visages les plus demandés du cinéma de genre grand public.

Pourquoi les studios misent sur les prédateurs plutôt que sur les fantômes

Le calcul économique est limpide, et il explique pourquoi la nostalgie autour de Les Dents de la mer et de Crawl n’est qu’un symptôme d’une stratégie bien plus froide. Le modèle du monstre naturel coche toutes les cases pour un studio pressé de rentabiliser un projet : il continue de servir de laboratoire très rentable pour les plateformes, parce qu’il coche toutes les cases de l’exploitation en salles ou à domicile, menace identifiable, durée souvent ramassée, visuels vendeurs, et potentiel viral presque immédiat. Un requin, une guêpe, un alligator : peu importe l’animal, tant que le concept se résume en une phrase et se vend en une image de bande-annonce.

C’est là que la reprogrammation des classiques prend tout son sens. En ramenant Les Dents de la mer sur grand écran et en laissant Crawl tourner en boucle sur les plateformes, les distributeurs entretiennent un appétit que les nouveaux projets, sharks ou pas, comptent bien exploiter dès leur sortie. La boucle est bouclée : plus le public replonge dans les classiques, plus les studios ont de raisons de croire qu’un nouveau prédateur, même à six pattes, trouvera son public.

Reste une inconnue de taille : aucune Date de Sortie Officielle n’a encore été communiquée pour Hivemind, et le tournage à Dublin ne fait que débuter. Entre son emploi du temps chargé chez Marvel et chez Nintendo, Samara Weaving devra jongler serré pour boucler ce nouveau chapitre entomologique avant de repartir affronter les mutants ou d’enfiler la tunique verte de Hyrule.

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