James Gunn a calé la suite de Superman au 9 juillet 2027 : ce qui manque encore au film n’est pas le casting

La date est calée, gravée dans le calendrier de Warner Bros depuis septembre 2025 : Man of Tomorrow sortira le 9 juillet 2027. Mais un an avant sa sortie, alors que le tournage vient tout juste de s’achever, ce n’est clairement pas le casting qui pose problème à James Gunn. Le vrai chantier, c’est ailleurs, et il est de taille.

À retenir

  • Un casting de rêve réuni : Rachel Brosnahan, Lars Eidinger, Nicholas Hoult… mais ce n’est pas là que le bât blesse
  • Aucune bande-annonce en vue alors que le tournage est terminé : pourquoi ce silence radio ?
  • Des mois d’effets visuels en retard pour donner vie à Brainiac et à l’armure mécanique de Lex Luthor

Un casting XXL, déjà quasiment complet

Impossible de reprocher à James Gunn d’avoir traîné sur les emplois du temps de ses acteurs. Le casting de Man of Tomorrow réunit Rachel Brosnahan (Lois Lane), Edi Gathegi (Mister Terrific), Nathan Fillion (Guy Gardner), Isabela Merced (Hawkgirl), Skyler Gisondo (Jimmy Olsen), Frank Grillo (Rick Flag Sr.), Sara Sampaio (Eve Teschmacher), María Gabriela de Faría (The Engineer), Lars Eidinger (Brainiac) et Aaron Pierre (John Stewart/Green Lantern). Une brochette qui ferait pâlir bien des tables de lecture Marvel.

David Corenswet reprend évidemment le costume rouge et bleu, aux côtés de Nicholas Hoult qui campe toujours ce Lex Luthor devenu, dans la version Gunn, un stratège manipulateur plus qu’un simple homme de main. Superman est forcé de s’associer à Lex Luthor pour affronter une menace encore plus grande, le super-intelligent Brainiac, tandis qu’Adria Arjona a rejoint le casting dans le rôle de Maxima, une reine extraterrestre à la fois antagoniste et potentiel intérêt amoureux pour Superman dans les comics. Milly Alcock, elle, glisse discrètement de son propre film Supergirl vers celui-ci pour épauler son cousin kryptonien.

Le choix de Lars Eidinger pour incarner Brainiac a d’ailleurs son petit parfum d’événement. Créé par le scénariste Otto Binder et le dessinateur Al Plastino en 1958, Man of Tomorrow marque la première apparition du personnage dans un long-métrage DC majeur. L’acteur allemand, davantage connu pour son travail chez Olivier Assayas que pour les blockbusters, ne cache pas son étonnement d’avoir atterri dans cet univers à 50 ans passés. Un pari casting qui tranche avec les habitudes hollywoodiennes, et c’est plutôt rafraîchissant.

Le vrai manque : des images, tout simplement

Voilà le nœud du problème. Le 26 août 2026, James Gunn a révélé que le tournage principal était terminé. Le film est donc dans la boîte. Mais depuis, silence radio côté visuel : aucune bande-annonce, aucun teaser officiel n’a encore été dévoilé au public.

Le contraste avec le premier volet interpelle. La première bande-annonce de Superman avait débarqué en décembre 2024, huit mois avant sa sortie de juillet 2025. Si l’on applique le même calendrier à la suite, un teaser devrait logiquement pointer le bout de son nez fin 2026 ou tout début 2027. Un premier aperçu officiel est d’ailleurs attendu cette année ou au début de l’année suivante, ouvrant la voie au prochain chapitre du DCU. On l’attend, mais elle n’est toujours pas là au moment où j’écris ces lignes.

Ce retard n’a rien d’anodin quand on sait l’ampleur du travail de finition qui reste à faire. Le film embarque un antagoniste entièrement inédit à l’écran, une armure de combat mécanisée pour Lex Luthor jamais vue en prises de vues réelles jusqu’ici, et selon toute logique, une masse d’effets visuels considérable pour donner corps à Brainiac et à ses pouvoirs de rétrécissement de civilisations entières. L’annonce du projet s’était d’ailleurs accompagnée d’un dessin montrant Luthor dans une combinaison mécanique verte et violette, jamais vue en live-action jusqu’alors. Concevoir cette armure à l’écran, l’animer, la faire cohabiter crédiblement avec un Superman en plein combat : ce sont des mois de travail en effets spéciaux qui ne se bâclent pas.

Autre indice technique révélateur : c’est Sam McCurdy, chef opérateur sur Peacemaker, qui a assuré la photographie sur Man of Tomorrow, et non Henry Braham, qui avait pourtant filmé les quatre derniers films de Gunn. Un changement de directeur photo en cours de franchise, ça se ressent forcément dans l’identité visuelle du film, et ça ajoute une variable d’incertitude sur le rendu final que même les fans les plus optimistes devront digérer.

Une pression calendaire qui ne laisse aucune marge

Le timing choisi par Gunn n’a rien de confortable. Man of Tomorrow doit suivre les sorties 2026 de Supergirl (réalisé par Craig Gillespie, avec Milly Alcock) et du film d’horreur Clayface, ce calendrier accéléré signifiant aussi que la suite de Superman débarquera avant The Batman Part II de Matt Reeves. Un enchaînement DCU serré, presque à flux tendu, qui ne pardonne aucun retard de post-production.

Le problème, c’est que le maillon Supergirl n’a pas convaincu tout le monde. Le film est largement perçu comme un raté pour le DCU, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur les épaules de Man of Tomorrow : celle de recentrer la franchise et de prouver que la formule Gunn tient sur la durée, pas seulement sur un coup d’essai réussi. Le premier volet avait rapporté plus de 611 millions de dollars au box-office mondial, un score solide mais pas le raz-de-marée espéré par certains dirigeants du studio.

Reste la question du script lui-même, qui semble avoir mûri en cours de route. Nicholas Hoult, qui avait lu le scénario, l’avait décrit comme contenant « des trucs vraiment fun », suggérant un rôle beaucoup plus étoffé pour Lex Luthor cette fois-ci. De quoi nourrir l’attente, mais sans jamais remplacer une vraie bande-annonce. Tant que les studios n’auront pas calé leurs effets numériques et leur montage, le public devra se contenter de photos de plateau et de promesses. Rendez-vous, sans doute, aux alentours des fêtes de fin d’année pour un premier vrai coup d’œil sur Metropolis version 2027.

Laisser un commentaire