Le 29 août, Tom Cruise a posté une vidéo depuis le Daytona International Speedway : lui et Anne Hathaway, adossés à une voiture de course vert et jaune floquée « Days of Thunder Summer 2028 ». En quelques secondes, l’acteur confirmait ce que Hollywood chuchotait depuis des mois : la suite de son film de courses automobiles de 1990 tenait enfin son duo principal, sa date de sortie et son réalisateur. Paramount Pictures a dated the feature film sequel for June 2, 2028, when Cruise and Hathaway will hit the road almost 40 years after the original Tony Scott film was released. Mais si le film culte alimente la nostalgie, ce n’est clairement pas lui qui a remis ce projet sur les rails.
Le vrai déclic s’appelle F1. Le film porté par Brad Pitt, sorti en 2025, a littéralement changé la donne pour le genre. Brad Pitt’s F1 movie has done something no other Formula 1 film has been able to do in the United States: it has become a mainstream blockbuster rather than a niche racing drama, avec environ 189,5 millions de dollars au box-office nord-américain sur un total mondial de 631,5 millions. De quoi transformer un genre longtemps considéré comme une niche en argument commercial solide. Et le point commun avec Days of Thunder n’est pas anodin : Jerry Bruckheimer, producteur du film de 1990, était aussi derrière F1. Lors de la première du film avec Brad Pitt, il a d’ailleurs laissé entendre qu’un nouveau projet automobile avec Cruise était dans les tuyaux, confiant qu’il existe toujours de nouvelles technologies, de nouvelles façons de faire, et que Tom Cruise est du genre à proposer des idées phénoménales pour préparer quelque chose d’excitant pour le public.
Le timing n’a rien d’un hasard. Cruise lui-même avait été approché pour revenir dans le rôle de Cole Trickle bien avant que F1 ne sorte en salles : Cruise was first in talks to return for « Days of Thunder 2 » back in November 2024, with « Top Gun: Maverick » producer Jerry Bruckheimer also in discussions to return. Mais c’est le triomphe inattendu du film avec Brad Pitt, qui a démontré qu’un public large pouvait se déplacer pour une histoire de bolides sans super-héros ni franchise préexistante, qui a donné à Paramount la conviction nécessaire pour accélérer le calendrier. Le pilote automobile Jeff Gordon, fervent défenseur d’une suite, avait résumé l’époque en notant que le timing pour une histoire NASCAR hyper-réaliste semblait idéal, vu l’attention que suscitait le film F1 à sa sortie en salles. Ironie de l’histoire : le film original de 1990 n’avait pourtant rien d’un triomphe commercial. Il s’était contenté d’une performance honorable sans plus, loin des sommets qu’on associe aujourd’hui à Tom Cruise.
Cette fois, Paramount ne lésine pas sur les moyens. Le studio a confirmé que le film sera aussi filmé pour l’Imax et diffusé en salles en Dolby Cinema, 4DX et autres formats premium. Une manière de calquer la stratégie visuelle qui a fait le succès de F1, tourné lors de véritables Grands Prix pour maximiser la sensation de vitesse. Derrière la caméra, c’est Jonathan Levine qui a été choisi pour diriger le projet, un choix qui a surpris certains observateurs tant son registre (comédies romantiques, drames intimistes) diffère du cinéma d’action pur. Le scénario, lui, a été confié à Will Staples, plus connu pour son travail sur des jeux vidéo comme Call of Duty que pour des blockbusters hollywoodiens.
À retenir
- Un événement majeur a changé le destin d’une franchise dormante depuis 1990
- Anne Hathaway n’incarne pas un simple rôle secondaire, mais une figure de pouvoir
- La stratégie de Paramount calque une formule éprouvée, mais des doutes subsistent
Anne Hathaway, entre grossesse et virage tentpole
Le choix d’Anne Hathaway pour incarner la nouvelle tête d’affiche féminine dit beaucoup de l’ambition du projet. Loin d’un simple rôle de love interest, Cruise reviendra dans la peau du pilote NASCAR Cole Trickle, tandis qu’Hathaway incarnera une propriétaire d’écurie et ingénieure. Un rôle de pouvoir plutôt qu’un simple faire-valoir, dans la lignée des personnages qu’elle a récemment enchaînés. Car 2026 a été une année démentielle pour l’actrice : entre Le Diable s’habille en Prada 2, L’Odyssée de Christopher Nolan et The End of Oak Street, Hathaway has been on a tear in 2026, with four films in theaters, et l’actrice enchaînera à l’automne avec l’adaptation de Colleen Hoover, Verity.
Détail amusant révélé dans la vidéo d’annonce : Hathaway est enceinte, et elle l’a fait savoir avec humour à son partenaire de tournage. Dans le clip, on l’entend lancer à Cruise : « I’m gonna have this baby, then we’re gonna make this movie », ce à quoi l’acteur répond du tac au tac que c’est une bonne idée. Le tournage n’est donc pas encore lancé, mais la mécanique promotionnelle, elle, tourne déjà à plein régime : selon plusieurs médias américains, la publication a réuni près de 100 000 likes en moins de quarante minutes.
Le précédent Top Gun: Maverick plane sur le projet
Impossible de ne pas voir le parallèle avec Top Gun: Maverick, sorti en 2022 soit trente-six ans après l’original. Days of Thunder est ainsi la deuxième franchise culte que Cruise ressuscite des décennies plus tard, puisque trente-huit ans sépareront les deux volets de Days of Thunder. Mais les deux films de 1986 et 1990 n’ont clairement pas le même statut dans la culture populaire. Certains observateurs restent d’ailleurs prudents sur la capacité de Cole Trickle à reproduire l’exploit de Maverick, notant qu’on pensait déjà Cruise fou de relancer Top Gun aussi tardivement, avant que le film ne devienne le plus gros succès de sa carrière.
Reste une question que personne, ni Paramount ni les journalistes présents à l’annonce, n’a encore abordée frontalement : l’intrigue. Le studio n’a livré aucun synopsis, et l’on ignore tout du lien scénaristique entre le Cole Trickle de 2028 et celui de 1990, ni comment le personnage d’Hathaway s’insère dans son univers. Un mystère entretenu volontairement, à l’image du lieu choisi pour l’annonce : non pas un studio ou une conférence de presse, mais la salle de briefing des pilotes à Daytona, en pleine réunion NASCAR, comme pour ancrer d’emblée le film dans le réel plutôt que dans la fiction hollywoodienne.
Sources : easternherald.com | us-racing.com