George Lucas a lâché une confidence qui fait mal aux fans de la saga. Interrogé par Norah O’Donnell pour l’émission CBS Sunday Morning, à l’occasion de l’ouverture de son musée le 22 septembre 2026, le créateur de Star Wars a confirmé ce que beaucoup soupçonnaient depuis des années : il avait bel et bien écrit les épisodes VII, VIII et IX avant de tout laisser à Disney.
Les films dont parle Lucas sont sa vision longtemps évoquée pour les épisodes VII, VIII et IX, des plans qu’il avait déjà commencé à développer, y compris de premières conversations avec des acteurs, avant de vendre Lucasfilm à Disney pour 4 milliards de dollars en 2012. Trois scénarios. Pas des idées vagues griffonnées sur un coin de table.
- George Lucas avait écrit trois traitements d’histoire complets pour les épisodes VII, VIII et IX de Star Wars.
- Disney a reçu ces scénarios lors de l’acquisition de Lucasfilm en 2012 mais a décidé de créer sa propre vision.
- Lucas a sacrifié ces trois films pour se consacrer au Lucas Museum of Narrative Art, inauguré le 22 septembre 2026.
« J’avais trois Star Wars de plus à faire »
La scène se déroule pendant l’interview, aux côtés de sa femme et partenaire d’affaires Mellody Hobson. Après que Hobson a noté que le niveau de détail que Lucas a mis dans le musée a failli le tuer, le réalisateur a répondu : « Eh bien, j’ai 82 ans, donc il y a une limite… » Puis vient la phrase qui a fait le tour du web en quelques heures.
« Quand j’ai fait ça, j’ai décidé de prendre ma retraite du cinéma, ce qui était une grande décision parce qu’il me restait trois Star Wars à faire. Mais j’ai réalisé que le temps me manquait, et je voulais vraiment faire ce musée, et j’avais passé beaucoup de temps à développer la technologie numérique pour l’industrie du cinéma. Tout art dépend de la technologie. » Un aveu presque désinvolte, glissé entre deux anecdotes sur la construction du bâtiment.
Le contexte donne tout son poids à la déclaration. Lucas a écrit des traitements d’histoire pour les épisodes VII, VIII et IX, et les a remis à Disney dans le cadre de la vente en octobre 2012. Disney a acheté la société pour environ 4 milliards de dollars, et les traitements sont venus avec. Ces trois trilogies n’étaient pas un rêve resté dans un tiroir. Elles ont changé de propriétaire en même temps que la licence elle-même.
Ce qui a survécu, ce qui a disparu
Disney n’a pas suivi la feuille de route à la lettre. Loin de là.
Dans une interview avec Cinema Blend, Lucas avait révélé qu’aucune de ses idées n’avait fait la coupe finale du scénario du premier volet de J.J. Abrams : « Celles que j’ai vendues à Disney, ils sont arrivés à la décision qu’ils ne voulaient pas vraiment les faire. Alors ils ont créé les leurs. » Une phrase sèche, presque résignée, qui tranchait déjà en 2014 avec le ton mesuré qu’il a adopté depuis.
Certains éléments ont pourtant survécu, sous une forme méconnaissable. Le squelette de l’histoire, une jeune femme découvrant sa sensibilité à la Force accompagnée d’un ancien stormtrooper déserteur, provient bien des grandes lignes posées par Lucas. Mais le reste du décor a été jeté aux oubliettes : pas de Darth Maul revenu en force, pas de Darth Talon, pas de voyage à l’intérieur de la Force pour rencontrer les Whills, ces entités mystiques censées expliquer l’origine même du pouvoir jedi. Le cadre a tenu. Le contenu, non.
Un musée né de ce sacrifice
Ironie du Calendrier : c’est justement le musée qui a coûté cette trilogie qui a ouvert ses portes le jour même de ces confidences. Lors d’un avant-premières presse au début du mois de septembre, Lucas a expliqué que le musée avait pris 17 ans à concevoir, depuis la recherche d’une ville d’accueil jusqu’à la construction du bâtiment. Dix-sept ans, contre le temps qu’il aurait fallu pour tourner trois longs métrages supplémentaires. Le calcul, à l’évidence, a fini par pencher du côté de l’art plutôt que du cinéma de studio.
Le lieu lui-même impressionne par ses proportions. Le Lucas Museum of Narrative Art a ouvert le 22 septembre 2026, sur un campus de 11 acres situé à Exposition Park à Los Angeles, dans un bâtiment de 300 000 pieds carrés comptant 35 galeries totalisant 100 000 pieds carrés. Un dixième de million de pieds carrés rien que pour exposer les récits qui ont façonné l’imaginaire collectif, des peintures rupestres jusqu’aux planches de comics. Beaucoup de fans viendront pour les véhicules Star Wars et les sculptures de Yoda et Grogu, mais la franchise de science-fiction n’occupe qu’environ 7 % du musée. Un choix assumé : Star Wars n’est ici qu’un chapitre parmi d’autres dans l’histoire de la narration visuelle.
Le contraste est frappant. D’un côté, une saga de science-fiction qui a rapporté des milliards et façonné des générations de spectateurs. De l’autre, un homme qui préfère finalement consacrer sa dernière décennie active à un musée plutôt qu’à un plateau de tournage.
Le silence prudent de Lucas sur les sequels de Disney
Depuis la sortie du Réveil de la Force en 2015, Lucas a toujours pesé ses mots publiquement. Il avait d’abord trouvé le film répétitif, affirmant que Disney voulait « faire quelque chose pour les fans » et « faire son propre truc » lors d’une interview accordée à Charlie Rose en 2015. Une critique feutrée, jamais frontale.
Sur les deux films suivants, la retenue s’est encore accentuée. Sa position sur Les Derniers Jedi, pourtant le plus clivant pour les fans, s’est révélée étonnamment plus positive : il a préféré saluer la mise en scène, la qualifiant de « magnifiquement réalisée » par l’intermédiaire de son représentant. Mais c’est à peu près tout ce qu’il a dit. Quant à L’Ascension de Skywalker, dernier volet de la trilogie, Lucas n’a livré aucun commentaire public. Le silence, parfois, en dit plus long qu’une critique.
Cette réserve tranche avec l’enthousiasme qu’il avait manifesté pour d’autres projets nés de son univers, hors trilogie Skywalker, preuve qu’il ne rejette pas systématiquement le travail de studio mené sans lui. Reste une question qui continuera d’agiter les forums de fans encore longtemps : et si Disney avait suivi les traitements originaux à la lettre, la saga aurait-elle pris une direction radicalement différente, avec un Darth Maul de retour et un voyage halluciné au cœur de la Force elle-même ?
Sources : abc7.com | ecranlarge.com