Le masque de Michael Myers n’a jamais été fabriqué pour La Nuit des masques : ce que l’équipe de John Carpenter a acheté pour 1,98 dollar en 1978 refait surface

Le visage de Michael Myers est celui du capitaine Kirk. Le masque porté dans La Nuit des masques (Halloween en version originale) était un article de série : un masque de Star Trek moulé d’après les traits de William Shatner, acheté 1,98 dollar par l’équipe de John Carpenter. L’anecdote revient chaque octobre, et elle n’a pas pris une ride.

Un masque de Star Trek, peint en blanc, a donné naissance à un monstre.

À retenir
  • Le masque de Michael Myers est un masque de Star Trek acheté 1,98 dollar en 1978.
  • L’équipe a retiré les sourcils et agrandi les trous des yeux pour effacer les traits de William Shatner.
  • Halloween a généré environ 47 millions de dollars avec un budget de 300 000 dollars environ.
  • Le masque a changé d’apparence dans chaque suite du film original.

Une course dans un magasin d’Hollywood

Le tournage de 1978 dure une vingtaine de jours, pour un budget souvent estimé autour de 300 000 dollars. Tommy Lee Wallace, qui s’occupe des décors et du montage, est envoyé dans un magasin d’Hollywood chercher des masques. Il en rapporte plusieurs candidats, dont un masque de clown et celui du capitaine Kirk, fabriqué par Don Post Studios, spécialiste du latex. Ce dernier coûte 1,98 dollar, soit une dizaine de dollars d’aujourd’hui.

Carpenter essaie le clown, puis le Kirk. Le second l’emporte.

Le reste du dispositif est à l’avenant. Haddonfield, la bourgade de l’Illinois du récit, est tournée à South Pasadena, en Californie, au printemps, et les décors d’automne sont bricolés avec des feuilles mortes. Les acteurs jouent en pull sous le soleil.

Comment on efface William Shatner

Pour que le capitaine disparaisse, l’équipe retire les sourcils et les pattes. Elle agrandit les trous des yeux, qui deviennent deux puits noirs. Une couche de peinture blanche est ensuite pulvérisée sur le latex, et les cheveux sont ébouriffés avant d’être repeints. Le moulage d’origine reste reconnaissable pour qui connaît la série, nez et mâchoire en tête.

Nick Castle, ami de Carpenter, porte le masque devant la caméra.

Carpenter cherchait un visage sans expression, et c’est ce vide qui rend le personnage inquiétant. Le scénario, écrit avec Debra Hill, le désigne d’ailleurs sous le nom de « The Shape », la forme. Shatner, lui, a plusieurs fois évoqué l’anecdote avec humour au fil des interviews.

Quarante ans de copies plus ou moins fidèles

Côté chiffres, le vertige est immédiat. Halloween rapporte environ 47 millions de dollars en Amérique du Nord, et le masque pèse moins de 0,001 % du budget du film. Il devient l’un des films indépendants les plus rentables de l’histoire. Aujourd’hui, les fabricants de masques vendent des répliques sous licence, retouchées avec plus de soin que l’original.

Les suites n’ont jamais retrouvé exactement le même visage. D’un film à l’autre, le masque change de forme, de teinte et de regard, et les fans de la saga passent des soirées à comparer les versions. Rob Zombie a proposé sa propre interprétation en 2007, plus sale et plus marquée.

Le film de 2018 mise sur un masque dégradé par quarante ans de stockage.

Tommy Lee Wallace, l’homme du magasin, réalise ensuite Halloween 3 : Le Sang du sorcier en 1982. Le film se passe de Michael Myers et fait des masques vendus aux enfants l’arme du crime.