Le tournage des Bronzés font du ski s’est déroulé à Val d’Isère, en Savoie, une station de Haute-Tarentaise perchée à 1 850 mètres d’altitude. L’équipe du Splendid y a posé ses valises à l’hiver 1978-1979, sous la direction de Patrice Leconte, pour donner une suite aux vacances ensoleillées du Club Med de Les Bronzés. Le film est sorti fin 1979.
Il a dépassé les quatre millions d’entrées en France.
- Le film a été tourné à Val d’Isère, en Savoie, à 1 850 mètres d’altitude, pendant l’hiver 1978-1979.
- Le village n’a pas gardé de lieux balisés au nom du film, mais son ossature et ses montagnes sont restées.
- La Bellevarde et la Solaise offrent aujourd’hui les panoramas que retrouvait l’équipe du Splendid.
Pourquoi Val d’Isère, et pas une petite station anonyme
À la fin des années 1970, Val d’Isère n’a rien d’un village de carte postale endormi. C’est déjà une station de renom, marquée par le passage de Jean-Claude Killy, triple champion olympique en 1968 et enfant du pays. Son domaine, relié à celui de Tignes, forme l’Espace Killy, l’un des plus vastes des Alpes françaises.
Pour une comédie qui se moque des vacanciers venus chercher le grand frisson (et surtout le grand flirt), le choix est malin. Il fallait de vraies pentes, de vrais remontées mécaniques et cette ambiance de station où chacun se prend un peu pour un champion. Les scènes de ski, de télésiège et de neige poudreuse devaient avoir l’air authentiques, parce que le comique naît du contraste entre le décor sérieux et des personnages qui ne savent pas skier.
Le casting de la bande est resté célèbre: Michel Blanc en Jean-Claude Dusse, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Josiane Balasko et Marie-Anne Chazel. Tous ont enfilé les combinaisons fluo et les bonnets improbables d’une époque où le ski se portait en couleurs vives. La station a servi d’écrin à ces costumes autant qu’à l’intrigue.
Un détail géographique ajoute du sel au trajet. Pour monter à Val d’Isère, on longe le barrage de Tignes, qui a englouti en 1952 le village de Tignes-le-Vieux sous les eaux du lac du Chevril.
Ce que l’on peut encore reconnaître sur place
Le premier réflexe des fans consiste à chercher les lieux précis du film, et la réalité est plus nuancée qu’une visite guidée à thème. Val d’Isère n’a pas transformé son village en parc d’attractions autour des Bronzés. Aucun sentier balisé « Jean-Claude Dusse » ne vous attend à la sortie de la gare routière.
Ce qui reste visible, c’est l’ossature de la station. Le cœur historique du village, avec l’église baroque Saint-Bernard-de-Menthon construite au XVIIe siècle, appartient au paysage que les caméras ont traversé à l’époque. Les silhouettes des montagnes qui encadrent la vallée, la Bellevarde et la Solaise en tête, n’ont évidemment pas changé d’un mètre.
Les pistes qui descendent vers le centre permettent de retrouver l’atmosphère des plans larges du film. Si vous skiez la Bellevarde, vous évoluez sur la face qui a accueilli les épreuves masculines de ski alpin aux Jeux olympiques d’Albertville en 1992, puis les Championnats du monde en 2009.
Pour les fans, l’exercice le plus amusant reste de revoir le film avec un plan de la station sous les yeux. Les arrière-plans de montagne, eux, ne mentent pas.
Ce qui a changé depuis 1979
Quatre décennies de développement touristique ont laissé des traces. Les bâtiments en pierre et en bois du film ont été rejoints par de nombreux chalets de luxe, des résidences et des commerces de marques, signe de la montée en gamme de la station. Les télésièges à pinces fixes des années 1970 ont presque tous cédé la place à des appareils débrayables, plus rapides et plus confortables.
Les hôtels et résidences qui ont servi de cadre à la fiction ont, pour beaucoup, été rénovés ou rebaptisés, et il est difficile de désigner avec certitude chaque façade aperçue à l’écran. Plusieurs sources de fans avancent des adresses, mais il vaut mieux les prendre avec prudence tant que l’office de tourisme ne les confirme pas.
Les images d’archives révèlent aussi une autre différence, plus discrète. La neige de 1979 tombait plus tôt et plus longtemps que celle des hivers récents, ce qui rend certains plans du film presque nostalgiques pour les habitués de la Saison Actuelle.
Ce changement d’échelle explique pourquoi la quête du « décor identique » déçoit parfois. Mieux vaut chercher des ambiances que des façades.
Organiser une visite sur les traces de la bande
Le meilleur moment pour s’y rendre reste la pleine saison de ski, de décembre à avril, quand la station retrouve l’animation du film. En été, Val d’Isère devient un terrain de randonnée et de vélo, avec des sentiers qui partent du village vers la vallée de la Daille et le col de l’Iseran, l’un des plus hauts cols routiers des Alpes, à 2 764 mètres.
Pour mettre toutes les chances de votre côté, préparez votre visite en trois étapes.
- Revoir le film avant le départ, en notant les paysages de fond plutôt que les bâtiments.
- Passer par l’office de tourisme du village pour demander ce qu’il sait des lieux de tournage.
- Monter à la Bellevarde ou à la Solaise pour retrouver les panoramas d’époque.
Un conseil de plus, plus malicieux: prenez une fondue le soir, en hommage à la célèbre scène du film. Les restaurants de la station en proposent à la carte, avec du beaufort ou du comté selon les maisons.
La Tarentaise garde d’ailleurs une autre trace du cinéma populaire des années 1970, et elle se cache plus haut que le village. Les remontées de la Solaise ont été reconstruites plusieurs fois, mais le sommet, à 2 551 mètres, offre toujours la vue que les équipes de tournage avaient sous les yeux avant de redescendre filmer la suite.