Odin, le berger allemand de Brad Pitt dans Heart of the Beast, est joué par Uber, un chien néo-zélandais de six ans. Il partage le rôle avec trois de ses fils. Sorti en salles le 25 septembre 2026 chez Paramount, le film de David Ayer combine vrais chiens et quelques plans numériques.
Quatre chiens, donc, pour un seul personnage.
- Uber, un chien néo-zélandais de six ans, joue les gros plans d’Odin
- Trois de ses fils assurent les doublures pour la course, la nage et le travail au câble
- Une jambe numérique remplace la prothèse réelle dans une douzaine de plans
Uber, le père qui porte les regards
Uber est le chien des gros plans, ceux qui font pleurer en salle. Ancien chien de recherche et sauvetage, il a été choisi pour les plans les plus expressifs, tandis que ses fils s’occupaient des efforts physiques. Son dresseur en chef, Andrew Simpson, a expliqué à la radio publique néo-zélandaise RNZ que les inclinaisons de tête et les coups de langue sur les babines, tout ce qui passe par l’émotion en gros plan, c’est Uber.
Le chien a même été engagé au pied levé, d’après RNZ. Simpson raconte avoir su dès la première rencontre qu’il tenait son Odin : un chien de six ans, mature, avec une âme de vieux sage, calme et posé. Un profil rare pour un plateau où l’on attend d’un animal qu’il reste concentré pendant des heures sous la pluie.
Le réalisateur savait précisément ce qu’il cherchait : un berger allemand capable de toucher sa marque à chaque prise. Dans un entretien accordé à la Motion Picture Association, Ayer résume son film en quelques mots : Brad, un chien et des montagnes. Uber a passé plus de temps que ses fils avec Pitt pendant la préparation, afin de construire une vraie complicité avec l’acteur. Pitt a ainsi appris les rythmes de journée du chien et la façon d’attirer son attention.
La critique a suivi. Sur RogerEbert.com, Uber est présenté comme celui qui vole le film à sa star humaine. Du côté du Daily Beast, on note qu’Odin est joué en permanence par un vrai berger allemand.
Seeka, Ryker et Hondo, les doublures spécialisées
Les trois fils s’appellent Seeka, Ryker et Hondo. Ils ont servi de doublures pour des tâches précises, comme le travail au câble, la nage et la course. Selon l’un des responsables des effets visuels, l’un était excellent à la course, un autre au rapport d’objets, un troisième à la nage.
Le générique crédite les quatre chiens au rôle d’Odin.
Sur TMDB, Uber, Seeka, Ryker et Hondo apparaissent chacun sous le nom d’Odin, alors que d’autres bases de données listent le père sous le nom d’Uber II. Le lien de parenté explique sans doute que le public ne remarque pas les changements de chien d’un plan à l’autre. Le montage fait le reste : le critique Brian Eggert relève qu’Ayer s’appuie sur des plans de réaction et un montage habile pour construire la relation entre Odin et James. Les yeux inquiets du chien, quand l’humain souffre, font passer l’idée que l’animal comprend ce qui se joue.
Jambe en images de synthèse, dents en titane et bêtes sauvages
Odin est un ancien chien de combat marqué par la guerre, avec une patte avant prothétique et des dents de remplacement en titane, deux effets ajoutés à un animal en parfaite santé. Sur le tournage, une vraie prothèse a été testée. Mais elle gênait parfois le jeu du chien, et l’équipe a fini par recourir à une jambe numérique. Les effets visuels ont été confiés à Framestore, avec François Dumoulin comme superviseur.
La jambe numérique apparaît dans une douzaine de plans seulement.
Dumoulin explique que l’équipe a pris Uber comme modèle pour la façon dont Odin devait bouger et se comporter. Le film fait aussi appel au numérique pour d’autres animaux : ours et loups, notamment, que le Daily Beast juge assez approximatifs et en décalage avec le réalisme des décors naturels. Le contraste est frappant avec L’Appel de la forêt (2020), où Buck, le chien de Harrison Ford, était entièrement numérique, un choix que la critique de Deep Focus qualifie de caricatural. Ayer a fait le pari inverse pour son héros.
Les paysages sont eux aussi réels. L’Alaska du film est en fait l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, filmée entre le lac Wakatipu, Queenstown, le parc national du mont Aspiring et le Milford Sound. Les personnages y parcourent une marche de 58 miles, soit environ 93 kilomètres.
Comment repérer Uber à l’écran
Au prochain visionnage, guettez les gros plans sur le visage d’Odin : le regard, l’inclinaison de la tête, les coups de langue. D’après son dresseur et la production, c’est Uber, sans effet ni trucage. Les scènes d’action, de nage ou de course dans les rapides reviennent plutôt aux fils, même si rien ne permet de dire quel chien apparaît dans quel plan précis.
Dernier détail : dans le film, Odin est parfois appelé Odie, comme le chien de la bande dessinée Garfield.
Sources : motionpictures.org | thedailybeast.com