Deux ans d’arrêt, puis un feu vert soudain. Le projet de Raiponce en live-action, mis en pause après le flop de Blanche-Neige, n’a redémarré qu’après un carton totalement différent : celui de Lilo & Stitch. Disney vient de confirmer une date de sortie, le 31 mars 2028, et un casting complet lors du D23 2026. Mais derrière l’annonce se cache une méthode bien plus froide que la magie disney habituelle : le studio regarde d’abord les chiffres avant de rallumer la caméra.
À retenir
- Comment un film a relancé un projet suspendu après 18 mois de gel
- Les trois conditions que Disney analyse avant d’investir dans un remake
- Pourquoi le timing de sortie de Raiponce (printemps 2028) n’est pas un hasard
Un projet suspendu, puis relancé sur un coup de dés gagnant
Le calendrier ne doit rien au hasard. En avril 2025, la production sur le film avait été suspendue indéfiniment, suite à la sortie décevante de Snow White (2025). Un échec cuisant : le remake avec Rachel Zegler et Gal Gadot n’avait engrangé que 69 millions de dollars aux États-Unis et 145 millions dans le monde, loin des standards de la maison. De quoi geler tous les projets similaires, Raiponce en tête.
Puis le vent a tourné. Un initié du secteur avait prédit que le succès de Lilo & Stitch (2025) relancerait le projet, aux côtés du remake d’Hercule prévu, et la production a repris dès octobre 2025. Traduction : c’est bel et bien la performance en salles d’un autre film qui a débloqué le feu vert pour Raiponce. Le tournage a démarré en Espagne, avec Teagan Croft dans le rôle de Raiponce, Milo Manheim en Flynn Rider et Kathryn Hahn en Mère Gothel, ce trio dévoilé en costume lors du D23 en août 2026.
Lilo & Stitch, la preuve qu’un remake peut encore cartonner
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Combiné aux ventes internationales de 613,3 millions de dollars, le box-office mondial de Lilo & Stitch a atteint 1,037 milliard de dollars. Un niveau que très peu de films atteignent dans une année entière, et Disney l’a obtenu avec… un remake d’un dessin animé de 2002 sur une gamine hawaïenne et son alien bleu adopté par erreur.
Le démarrage a d’ailleurs été spectaculaire. Le film a établi le record du plus gros lancement domestique pour un week-end de Memorial Day à quatre jours, avec 37 millions de dollars engrangés le lundi seul, le quatrième meilleur lundi domestique de l’histoire du secteur. Côté accueil critique et public, le score était tout aussi impressionnant : le film a obtenu un score de 93% auprès du public vérifié sur Rotten Tomatoes et un « A » au CinemaScore. Bref, tout ce que Disney espère systématiquement sans toujours l’obtenir.
Ce triomphe a eu un effet domino inattendu sur le catalogue Disney+ : le visionnage du film d’animation original de 2002 et du contenu associé a explosé sur Disney+, avec plus de 640 millions d’heures visionnées dans le monde. Un sequel live-action est même déjà en préparation, preuve que le studio ne compte pas s’arrêter là.
Moana et Blanche-Neige, les deux avertissements que Disney n’a pas oubliés
Le problème, c’est que tous les remakes ne suivent pas la même trajectoire. Prenez Moana en version live-action, sorti quelques mois avant l’officialisation du casting de Raiponce. Le film, dont la production aurait coûté 250 millions de dollars, n’a rapporté que 43 millions de dollars de recettes aux États-Unis et au Canada, selon les estimations du studio. Un fiasco relatif pour une franchise pourtant adorée.
La raison ? Un timing raté. Une fois que le sequel avait basculé vers une sortie en salles, Disney avait retardé le projet live-action d’un an pour créer une distance avec la suite, sortie autour de Thanksgiving 2024. Résultat : le public n’a tout simplement pas eu le temps d’avoir la nostalgie nécessaire pour se ruer de nouveau au cinéma. Comme le résume une analyste citée par Variety, « le dernier Moana était un carton il y a 20 mois, ce qui fait un retour très bref pour un remake » et « cette histoire n’était pas prête à revenir, et le public ne se précipite pas pour la voir ».
Blanche-Neige souffrait d’un mal différent, mais tout aussi révélateur. Le remake, porté par Rachel Zegler et Gal Gadot, n’a rapporté que 87,2 millions de dollars sur le territoire domestique durant toute son exploitation en salles, pour un total mondial de 205,6 millions de dollars, bien inférieur aux 807,6 millions de Lilo & Stitch au même stade. La leçon retenue en interne semble limpide : sortir un remake trop vite après l’original, ou dans un climat de polémique, coûte cher.
Pourquoi Raiponce coche (presque) toutes les bonnes cases
Disney a visiblement fait ses calculs avant de rallumer les projecteurs sur la tour de Mère Gothel. Les adaptations du studio de Lilo & Stitch (2025), du Roi Lion et d’Aladdin (2019), et de La Belle et la Bête (2017) ont toutes été énormes, chacune débutant au-dessus de 100 millions de dollars et finissant par franchir le milliard, ces films étant basés sur des œuvres des années 90 et du début des années 2000, qui semble être le point idéal pour Disney. Problème : Raiponce, sorti en 2010, ne correspond pas exactement à ce créneau. Le film original avait engrangé 592 millions de dollars au box-office mondial, un joli score, mais l’œuvre reste jeune, presque contemporaine dans son style visuel.
C’est justement pour cette raison que la sortie a été calée au printemps 2028, presque dix-huit ans après l’original, un délai suffisant pour recréer un effet de nostalgie sans tomber dans le piège Moana. Le studio mise aussi sur un casting jeune et déjà populaire auprès de la génération concernée, avec Teagan Croft (repérée dans Titans) et Milo Manheim, pour attirer un public qui a grandi avec le film sans pour autant l’avoir quitté trop récemment.
Reste une question que personne chez Disney ne formule à voix haute : et si la vraie variable n’était pas l’âge du film original, mais la qualité du scénario proposé ? Le Blanche-Neige raté et le Moana décevant avaient tous les deux un budget colossal et un timing soigneusement étudié. Ce qui leur a manqué, selon les critiques, c’est surtout une vraie raison d’exister à l’écran, au-delà du simple copier-coller de l’animation vers la prise de vue réelle.
Sources : yahoo.com | gulfnews.com