« Je n’arrivais plus à finir la prise » : ce qu’Alexandra Lamy raconte de la scène d’hôpital tournée avec le garçon qui joue son fils

Le regard qui se brise devant la caméra, la voix qui se serre, l’incapacité soudaine à aller jusqu’au bout d’un plan. Alexandra Lamy a raconté avoir vécu ce moment de bascule pendant le tournage de La Chambre des merveilles, face au jeune acteur qui incarne son fils Louis à l’hôpital. Une confidence qui refait surface alors que le film, diffusé vendredi 14 août sur M6, a rappelé aux téléspectateurs la puissance de cette histoire de mère prête à tout pour sauver son enfant.

À retenir

  • Pourquoi Alexandra Lamy a-t-elle demandé de réécrire une scène cruciale du film?
  • Quelle expérience personnelle a rendu ce tournage si difficile émotionnellement?
  • Comment deux histoires familiales douloureuses ont-elles transformé une simple scène de fiction?

Une scène d’hôpital pensée par l’actrice elle-même

Dans le film réalisé par Lisa Azuelos, Alexandra Lamy interprète Thelma, une mère de famille très prise par son travail qui se retrouve brutalement plongée dans un cauchemar après un accident qui précipite son fils Louis dans le coma. La scène d’arrivée à l’hôpital, celle où une infirmière lui annonce qu’elle ne pourra pas rester dormir auprès de son garçon, n’était pourtant pas écrite ainsi à l’origine. Dans le script, elle ne résistait pas, elle partait. C’est Alexandra Lamy qui a insisté auprès de la réalisatrice pour changer la donne : elle a dit à Lisa Azuelos que ça n’était pas possible, qu’il fallait que son personnage insiste, et la réalisatrice l’a écoutée, elle a apporté sa vision des choses.

Ce détail change tout. Une mère qui part sans protester face à un enfant plongé dans le coma, ça sonne faux. Une mère qui s’accroche, qui négocie, qui refuse de lâcher la main de son fils avant d’y être contrainte, ça, c’est vrai. L’actrice a d’ailleurs expliqué comment elle avait abordé ce rôle particulier : il lui a suffi de voir le petit Hugo couché dans son lit d’hôpital pour les scènes où Louis est dans le coma pour être prête, sans besoin d’aller chercher des choses intimes, tout ce dont elle avait besoin était déjà en elle. Un aveu qui en dit long sur la porosité totale entre la comédienne et son personnage sur ce tournage précis.

Un tournage nourri par une expérience personnelle

Si Alexandra Lamy a pu perdre ses moyens face à la caméra, ce n’est pas un hasard de casting émotionnel. L’actrice connaît le milieu hospitalier pédiatrique bien avant ce film. Elle a réalisé un documentaire pour Envoyé spécial en 2012, où elle suivait des parents dont le fils était atteint d’une grave infection. Une plongée qui l’a marquée durablement, au point qu’elle confiait avoir plusieurs fois cru s’écrouler en rentrant dans ces chambres stériles d’enfants malades, ne croyant pas pouvoir tenir sa caméra face à ce qu’elle filmait.

Cette expérience a directement irrigué son jeu et ses choix sur La Chambre des merveilles. L’actrice a d’ailleurs souligné à quel point le monde hospitalier créait des liens inattendus, entre patients, familles et soignants. À l’hôpital, on se crée une famille, résumait-elle en interview au moment de la sortie du film en salles. Une phrase simple, mais qui explique pourquoi la scène avec l’infirmière comptait tant à ses yeux : ce n’était pas un simple obstacle de scénario, mais le reflet d’une réalité qu’elle avait déjà observée de près, celle de parents qui refusent de quitter le chevet de leur enfant, quitte à défier le règlement.

Lisa Azuelos, de son côté, puisait elle aussi dans du vécu très personnel puisque ses propres parents avaient séjourné de longs mois à l’hôpital avant et pendant le tournage. Deux femmes, deux histoires familiales douloureuses, un même plateau : le terrain était propice à ce genre de moment où la fiction rejoint trop violemment le réel pour rester supportable le temps d’une prise.

Un film qui continue de faire pleurer, sept ans après sa sortie

Sorti en salles le 15 mars 2023, La Chambre des merveilles adapte le roman de Julien Sandrel, vendu à 320 000 exemplaires en France. L’histoire suit Thelma qui, après l’accident de son fils de douze ans, découvre dans son journal intime une liste de dix rêves à accomplir avant la fin du monde et décide de les réaliser un à un, dans l’espoir de le ramener à la vie. Le pari était risqué : montrer une mère qui part au Japon ou en Irlande pendant que son enfant est entre la vie et la mort aurait pu sonner comme un abandon. Azuelos et Lamy en étaient conscientes, et c’est justement pour éviter cet écueil que la scène de l’hôpital, où Thelma résiste avant de partir, prenait tout son sens : montrer qu’elle ne fuit jamais, qu’elle se bat jusqu’au bout avant de s’autoriser ce voyage.

La diffusion du film sur M6 ce vendredi 14 août a remis en lumière cette performance saluée par la critique comme par le public. Le long-métrage a rencontré un joli succès en salles, porté par l’émotion de son récit et la performance touchante d’Alexandra Lamy. Certains spectateurs restent partagés sur la fin volontairement ouverte du film, qui laisse planer le doute sur le réveil de Louis, mais personne ne conteste l’investissement total de l’actrice dans ce rôle de mère qui refuse l’inéluctable. Sept ans après le tournage, cette scène d’hôpital reste citée comme l’un des moments où la comédienne a le plus dévoilé sa propre vulnérabilité de mère face à la caméra, preuve que certaines fictions laissent des traces bien après le clap de fin.

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