Trois ans après sa sortie en salles, Retribution refait surface dans le catalogue Netflix France ce 10 août, et le principe reste aussi simple qu’efficace : Liam Neeson est coincé dans sa voiture, une bombe sous son siège, et le moindre mouvement pourrait tout faire sauter.
Le film raconte l’histoire de Matt Turner, un homme d’affaires américain installé à Berlin. Réalisé par Nimród Antal, le film met en scène un homme d’affaires installé à Berlin qui a tendance à délaisser sa famille, complètement absorbé par son travail. Un matin comme un autre, tout bascule. Alors qu’il conduit ses enfants à l’école, il reçoit un appel terrifiant d’un inconnu qui lui annonce qu’une bombe se trouve sous son siège, et qu’elle explosera s’il tente de quitter son véhicule. Autant dire que le trajet scolaire tourne vite au cauchemar.
À retenir
- Une bombe sous le siège : comment une simple menace transforme un trajet scolaire en cauchemar inéluctable
- Liam Neeson face à un dilemme impossible : sauver sa famille tout en se disculper auprès de la police qui le croit terroriste
- Un film décimé par la critique mais adulé par les spectateurs : le phénomène Netflix qui redonne vie aux thrillers oubliés
Un piège à huis clos digné de Speed
Le pitch ne réinvente rien, et c’est justement l’un des points qui divise. Il s’agit du troisième remake du film espagnol El desconocido sorti en 2015, qui suit un homme piégé dans sa voiture après avoir reçu une menace d’explosion s’il en sort. Sur le papier, la comparaison avec Speed revient sans cesse dans les avis de spectateurs, tant le mécanisme de tension permanente rappelle le classique de 1994. Mais ici, pas de bus lancé à pleine vitesse : le calvaire se joue depuis un siège conducteur, dans les rues de Berlin, avec deux ados terrifiés à l’arrière.
Ce huis clos automobile n’est pas un hasard de mise en scène. Le fait que toute l’intrigue se déroule dans la voiture a contraint le réalisateur à préparer minutieusement le tournage, avec un storyboard complet pour éviter de répéter les plans et mettre en valeur le jeu des acteurs. Le résultat tient sur 90 minutes montre en main, un format resserré qui explique en partie pourquoi le film fonctionne aussi bien en rattrapage streaming : pas de temps mort, pas de sous-intrigue qui traîne.
Le énième transport piégé pour Neeson
Il faut dire que l’acteur irlandais a un CV très particulier depuis une décennie. Depuis Taken, Liam Neeson ne cesse de se mettre dans de beaux draps, que ce soit dans un avion, dans un train de banlieue ou dans un poids lourd, l’acteur se retrouvant à devoir gérer des situations périlleuses dès qu’il entre dans un moyen de transport. Après l’avion de Non-Stop, le train de The Passenger et le camion d’Ice Road, la voiture piégée de Retribution complète une collection presque comique à force d’être répétée. Mais l’efficacité reste au rendez-vous, portée par un acteur qui sait vendre la panique contenue d’un père dépassé par les événements.
Côté casting, Neeson n’est pas seul à porter le film. On retrouve à ses côtés Jack Champion (aperçu dans Avatar : La Voie de l’eau), Embeth Davidtz, Noma Dumezweni et Matthew Modine, qui incarnent respectivement sa famille et les forces de l’ordre lancées à ses trousses. Ses actions poussent l’agent Angela Brickmann, incarnée par Noma Dumezweni, à croire qu’il s’agit d’un terroriste ayant pris ses propres enfants en otage, alors que la réalité est tout autre. Ce malentendu ajoute une couche de tension supplémentaire : Turner ne doit pas seulement sauver sa famille, il doit aussi convaincre la police de son innocence en pleine course-poursuite.
Un accueil critique glacial, un succès public qui dément tout
Sur le plan critique, le film n’a jamais convaincu grand monde. Retribution affiche un score de 30% auprès des critiques sur l’agrégateur Rotten Tomatoes, où le consensus juge le film mildly diverting pour les fans purs et durs de Neeson en père en danger, mais standard dans le reste. Les reproches sont connus : dialogues rigides, scénario prévisible, twists sans surprise. Un internaute anglophone est même allé jusqu’à comparer les répliques à un texte généré par une IA, tant elles sonnent artificielles.
Et pourtant, le public s’en fiche visiblement. Le score spectateurs, nettement plus élevé à 67% sur le même agrégateur, semble faire tout le travail. Mieux encore, le film a connu une deuxième vie inattendue sur la plateforme rouge outre-Atlantique : selon le dernier rapport de visionnage de Netflix, Retribution figurait parmi les films les plus regardés de la plateforme durant la semaine du 29 juin au 5 juillet. Un come-back assez rare pour un long-métrage sorti trois ans plus tôt et passé presque inaperçu en salles à sa sortie.
Ce succès tardif illustre un phénomène bien connu des algorithmes de streaming : un thriller malin, court, avec un visage familier au générique, peut toujours retrouver une seconde jeunesse une fois débarrassé de la pression de la sortie cinéma. Personnellement, je trouve ça assez révélateur du rapport qu’on a désormais aux films d’action : on ne cherche plus l’originalité, on cherche l’efficacité pure, celle qui tient en haleine sans demander trop d’effort. Reste à voir si Retribution connaîtra le même engouement côté France que celui observé aux États-Unis cet été, sachant que le film cumule déjà plusieurs passages télé remarqués, notamment sur TF1, avant même son arrivée dans le catalogue SVOD.
Sources : netflix-news.com | movieweb.com