Deux mois. C’est le temps qu’il aura fallu à The Death of Robin Hood pour passer des salles obscures aux plateformes de location numérique. Le film d’Hugh Jackman se dirige vers le streaming numérique cette semaine après un échec rapide au box-office. Concrètement, le film devient disponible à l’achat sur les plateformes PVOD comme Prime Video pour 24,99 dollars à partir du mardi 28 juillet, avec des locations à 19,99 dollars. Pour ceux qui ont laissé passer sa sortie en salle, la fenêtre se rouvre, et ce timing serré en dit long sur la façon dont Hollywood gère aujourd’hui ses paris ratés.
À retenir
- Un flop cinématographique qui force Hollywood à changer de stratégie en seulement six semaines
- Hugh Jackman face à un destin sombre et viscéral qui divise critiques et public
- Une fenêtre payante avant l’arrivée sur Max : l’occasion à ne pas rater pour les fans du réalisateur
Un passage éclair en salles qui explique tout
Le film a été présenté en avant-première au 73e Festival du film de Sydney le 12 juin 2026, avant sa sortie aux États-Unis le 19 juin 2026 par A24. Réalisé par Michael Sarnoski, déjà derrière Pig et A Quiet Place: Day One, le projet réunit un casting solide autour de Jackman : Jodie Comer, Bill Skarsgård, Murray Bartlett et Noah Jupe complètent l’affiche de cette relecture sombre. L’histoire s’écarte volontairement du folklore joyeux qu’on connaît : le film adapte la ballade du XVIIe siècle « Robin Hood’s Death » et suit un Robin Hood vieillissant confronté à son passé de violence.
Mais entre l’ambition artistique et la réalité comptable, le fossé s’est creusé vite. Le film a ouvert à la 9e place du box-office domestique avec seulement 2,6 millions de dollars, marquant le pire lancement en salles d’Hugh Jackman depuis cinq ans. Pour mesurer l’ampleur du flop, il suffit de remonter à la précédente référence : The Death of Robin Hood détient désormais le plus faible démarrage d’Hugh Jackman en cinq ans, devançant à peine son film de science-fiction Reminiscence de 2021, qui avait ouvert à 1,9 million de dollars. Un chiffre à comparer à un autre film de l’acteur sorti la même année : Le récent The Sheep Detectives de Jackman s’en est bien mieux sorti avec un démarrage domestique de 15,1 millions de dollars.
Le budget n’aidait pas non plus à absorber le choc. Le film affiche un budget de production annoncé de 20 millions de dollars, plaçant son seuil de rentabilité estimé près de 45 millions de dollars. Résultat au bout du parcours en salle : le film n’a rapporté que 6 millions de dollars dans le monde entier contre un budget de 20 millions. Un écart qui explique en grande partie pourquoi A24 n’a pas traîné pour basculer vers le numérique, seule vraie chance de récupérer une partie de la mise.
Ce que change concrètement ce calendrier resserré
Historiquement, un studio laissait souvent trois à quatre mois s’écouler avant qu’un film quitte les salles pour le numérique. Ici, le calage a même été mouvant : les trackers spécialisés ont d’abord évoqué une sortie au 21 juillet, avant qu’elle glisse au 28 juillet, avec même une hypothèse évoquée début juillet d’un report au 4 août. Ce genre d’ajustement de dernière minute, fréquent pour les films qui n’ont pas cartonné en salle, traduit une réalité simple : plus un long-métrage déçoit au box-office, plus le studio a intérêt à accélérer sa disponibilité à domicile pour capter l’audience qui n’a pas fait le déplacement en salle.
Pour le spectateur, la nouvelle est plutôt bonne. Là où certains films restent bloqués des mois derrière une fenêtre d’exclusivité salle, celui-ci devient accessible en location ou en achat numérique à peine six semaines après son passage en cinéma. Ce délai resserré permet aux spectateurs de découvrir le film chez eux avant même son arrivée sur une plateforme d’abonnement classique. D’ailleurs, l’atterrissage final n’est pas encore fixé : le film devrait ensuite rejoindre Max une fois son parcours en VOD et support physique terminé, sans date officielle mais avec une fenêtre probable en fin d’été ou début d’automne. la fenêtre payante actuelle est une occasion à ne pas laisser filer pour ceux qui veulent voir le film sans attendre plusieurs mois de plus.
Le film vaut-il vraiment le détour ?
La question mérite d’être posée franchement, puisque l’accueil critique reste contrasté. Sur Rotten Tomatoes, les critiques ont attribué au film un score de 66% « frais » sur la base de 157 avis. Le consensus des critiques résume bien l’ambivalence de l’exercice : « ce portrait sombre du légendaire Robin des Bois pourrait avoir besoin d’un peu plus de légèreté dans son carquois, mais son ambition d’explorer l’humanité complexe derrière un héros populaire atteint sa cible. » Le public, lui, s’est montré nettement plus frileux, avec un score qualifié de décevant. Reste que la prestation de Jackman fait quasiment l’unanimité, même chez les déçus : le résumé du public souligne que malgré une violence viscérale qui se déploie brutalement à un rythme éprouvant, Hugh Jackman reste convaincant dans le rôle.
Sur le plan technique, le film a un vrai cachet visuel qui mérite d’être salué, même si l’ensemble n’a pas convaincu tout le monde. Sarnoski a tourné la production en pellicule 35mm en Irlande du Nord, profitant des crédits d’impôt cinéma de 30 à 40% de la région. Un choix esthétique qui tranche avec le tout-numérique dominant, et qui donne au film une texture granuleuse assez cohérente avec son propos crépusculaire. Pour ceux qui aiment les relectures sombres de mythes populaires, plutôt que le grand spectacle, la carte numérique vaut clairement le coup d’œil, quitte à ajuster ses attentes sur le rythme du récit, souvent pointé du doigt comme son principal point faible.
Un détail amusant mérite d’être signalé avant de refermer le sujet : ce n’est pas la première fois qu’un film d’Hugh Jackman connaît ce genre de trajectoire chaotique entre salles et streaming. En 2021 déjà, Reminiscence avait souffert d’une sortie simultanée sur HBO Max qui avait cannibalisé son potentiel en salle, un précédent que beaucoup d’observateurs ont spontanément rappelé en voyant les chiffres de The Death of Robin Hood s’effondrer face à la concurrence de sorties familiales massives comme Toy Story 5 la même semaine.
Sources : threads.com | threads.com