Vingt-trois ans d’attente, et la réponse tient en une phrase assassine. Interrogé sur une possible suite d’Elf, Will Ferrell a définitivement enterré l’espoir des fans lors d’un podcast diffusé fin juillet : « That train has sailed, but I think for the best » (« Ce train est parti, mais je pense que c’est pour le mieux »). Une phrase qui sonne comme un point final, poli mais sans appel, à l’une des rumeurs de suite les plus tenaces du cinéma comique américain.
La déclaration est tombée lors d’un échange avec l’animateur Josh Horowitz dans son podcast Happy, Sad, Confused. L’acteur y a directement abordé la possibilité d’une suite d’Elf, et malheureusement pour les fans, ce n’était pas une bonne nouvelle. Horowitz, qui avait déjà interrogé Ferrell sur le sujet par le passé, a rappelé le contexte : l’acteur lui avait expliqué avoir reçu des sommes folles pour faire la suite d’Elf, mais avoir fini par refuser. Cette fois, plus de doute possible sur sa position.
À retenir
- Will Ferrell met un point final à 23 ans de spéculations sur une suite d’Elf
- L’acteur avait autrefois refusé entre 23 et 29 millions pour le projet
- Une question d’âge et d’intégrité artistique plutôt que d’argent
Un refus vieux de vingt ans, mais qui a coûté cher
Sorti en 2003, Elf n’était au départ qu’une comédie de Noël modeste, opposée à Matrix Revolutions au box-office. Résultat ? Un carton inattendu. Le film a rapporté plus de 220 millions de dollars pour un budget de seulement 33 millions. De quoi donner des idées à tout un studio pour capitaliser sur le succès de Buddy l’elfe.
Un script a vu le jour. Une suite complète a été écrite et proposée à Ferrell aux alentours de 2005, peu après son passage au statut de star grâce à Anchorman, et le scénariste Scot Armstrong a remis un premier jet en juillet 2005. D’après les versions qui ont circulé au fil des années, l’histoire se déroulait environ dix ans après le premier film et impliquait la fille de Buddy et Jovie, le couple s’étant installé en banlieue new-yorkaise.
Le montant proposé à Ferrell pour reprendre le costume ? Vertigineux. Les chiffres varient selon les sources entre 23 et 29 millions de livres ou de dollars, mais le message reste le même : Ferrell a bel et bien tourné le dos à une offre colossale pour tourner cette suite.
Pourquoi l’argent n’a jamais suffi à le convaincre
Ce qui rend ce refus fascinant, c’est qu’il ne s’agit pas d’un caprice de star blasée. Ferrell a toujours été transparent sur ses raisons, et elles tiennent en une question d’intégrité artistique plutôt que de calcul financier. Dans une interview accordée au Hollywood Reporter, il avait résumé son dilemme sans détour : il aurait dû promouvoir le film depuis une position honnête, du genre « oh non, ce n’est pas bon, je n’ai juste pas pu refuser autant d’argent », et il s’était demandé s’il pouvait réellement prononcer ces mots.
Il y a aussi la question de l’âge, un argument que l’acteur ressasse depuis plus d’une décennie. Dès 2013, sur le plateau de Watch What Happens Live avec Andy Cohen, il expliquait qu’il trouverait ça un peu pathétique de retenter d’enfiler les collants d’elfe, en évoquant Buddy l’elfe d’âge mûr. Treize ans plus tard, l’argument tient toujours.
Il existe même une version plus croustillante de l’histoire, racontée par feu James Caan lui-même. Selon l’acteur, décédé en 2022, le projet aurait capoté à cause d’une mésentente entre Will Ferrell et le réalisateur Jon Favreau, Ferrell voulant refaire le film sans lui alors que cette clause figurait dans son contrat. Une anecdote qui n’a jamais été confirmée officiellement par les principaux intéressés, mais qui ajoute une couche de mystère hollywoodien à cette saga de vingt ans.
Un « miracle » qu’il vaut mieux ne pas répéter
Ce qui frappe dans cette dernière sortie médiatique, c’est le ton presque philosophique de Ferrell. Loin de regretter son choix, il semble convaincu d’avoir préservé quelque chose de précieux. Plus tard dans l’épisode, l’acteur est revenu sur Elf en le qualifiant de « miracle » de sa carrière, un film qui aurait pu très mal tourner mais qui est au contraire devenu un classique culte, resté un incontournable des fêtes depuis plus de vingt ans.
Cette idée de miracle n’est pas qu’une formule. Ferrell a expliqué que les vrais comiques ne savent jamais vraiment si une blague va fonctionner, que c’est une sorte de pari éclairé, et qu’il n’a compris qu’Elf allait marcher qu’en le voyant avec un public. Difficile de recréer artificiellement ce genre d’alchimie sur commande, vingt ans après, avec un scénario qui recycle les mêmes ressorts comiques.
Reste que Ferrell n’a jamais tourné le dos au personnage complètement. Il ressort régulièrement le costume de Buddy pour des apparitions surprises, la dernière en date à un match de hockey à Los Angeles fin décembre. De quoi entretenir la flamme sans jamais raviver le projet de suite. Et pendant que les fans font leur deuil d’un Elf 2, Ferrell continue de tourner à un rythme soutenu ailleurs, entre séries et projets Netflix, preuve que son aversion pour cette suite précise n’a jamais été une aversion pour le travail lui-même.
Sources : comicbook.com | yahoo.com