19,6 millions de dollars encaissés pour 15 millions dépensés : le long-métrage de 1982 que son réalisateur accepterait aujourd’hui de prolonger

Un budget de 15 millions de dollars, des recettes plafonnant à 19,6 millions au box-office nord-américain, et une réputation de fiasco qui a poursuivi son réalisateur pendant des années. The Thing, sorti en 1982, coche toutes les cases du flop version Hollywood. Mais Aujourd’hui, John Carpenter lui-même envisage de rouvrir le dossier avec une suite, quarante-trois ans après avoir vu son film descendu en flammes.

Le film a terminé sa carrière en salles avec un total de 19,6 millions de dollars pour un budget de 15 millions, se classant seulement 42e film le plus rentable de 1982. Pour un studio comme Universal, ce genre de résultat ne relève ni de la catastrophe totale ni du succès. C’est pire, en un sens : un entre-deux qui ne justifie ni suite immédiate ni oubli complet.

À retenir

  • Un film enterré par le box-office et la presse en 1982, éclipsé par E.T. lors de sa sortie
  • Une réhabilitation spectaculaire : 85% sur Rotten Tomatoes et inscription au National Film Registry en 2025
  • John Carpenter confirme enfin que The Thing 2 est en développement actif

Un été 1982 impossible à affronter

Le calendrier de sortie n’a rien arrangé. Lors de son week-end d’ouverture, le film a rapporté 3,1 millions de dollars sur 840 salles, terminant huitième au classement, derrière Poltergeist (4,1 millions) et devant Megaforce (2,3 millions). Face à lui : Star Trek II, Poltergeist, et surtout E.T. l’extra-terrestre, sorti la même saison. Comparer un extraterrestre bienveillant qui repart chez lui à une créature qui dévore et imite ses victimes jusqu’à l’os, le choix du public de 1982 n’a pas été long à faire.

La presse a achevé le travail. Gene Siskel a qualifié le film de « film le plus déplaisant et écœurant » qu’il ait vu depuis longtemps. Le magazine Cinefantastique est allé jusqu’à le présenter comme l’un des films les plus détestés de tous les temps, le décrivant comme de la « camelote instantanée ». Rob Bottin, chef des effets spéciaux, a littéralement vécu sur le plateau pour finaliser des créatures qui ont autant fasciné que dégoûté les critiques de l’époque.

Du bide absolu au film culte inscrit au patrimoine national

Le temps a fait son œuvre, et pas qu’un peu. Le film affiche Aujourd’hui 85 % sur le Tomatomètre et 92 % d’avis positifs du public sur Rotten Tomatoes. Mieux encore : en 2025, le film a été inscrit au National Film Registry aux États-Unis, cette liste qui protège les œuvres jugées culturellement, historiquement ou esthétiquement significatives pour le patrimoine cinématographique américain. Un aboutissement symbolique pour un film jadis traité comme un accident de parcours.

Carpenter lui-même n’a jamais varié dans son jugement, même au plus fort du désamour critique. Malgré son échec initial, il a toujours considéré ce film comme le meilleur de sa carrière. Une fidélité qui prend tout son sens rétrospectivement : difficile de trouver un cinéaste aussi peu récompensé de son vivant pour un travail aussi copié depuis.

« On y travaille » : la suite qui se précise (peut-être)

C’est là que l’histoire prend un tournant inattendu. Interrogé sur une possible suite lors d’un événement Fan Expo, Carpenter a lâché une phrase qui a enflammé les fans de la franchise. « On y travaille en ce moment », a déclaré le réalisateur à propos d’une suite à son film de 1982, ajoutant : « Je ne sais pas. On verra. » Une réponse typique du personnage, entre confirmation et prudence calculée.

Ce n’était pas la première fois que le sujet revenait sur la table. Dès 2023, Carpenter confiait avoir été « tenu au secret » car « il pourrait y avoir un Thing 2 », sans savoir lui-même si le projet verrait le jour. Deux ans plus tard, lors d’une apparition à Fan Expo Philadelphia en octobre 2025, il a réitéré que le projet était « en développement ». De quoi transformer une rumeur récurrente en piste sérieuse, sans pour autant garantir quoi que ce soit, le cinéaste reste connu pour son détachement affiché vis-à-vis d’Hollywood.

La franchise n’a d’ailleurs jamais été totalement à l’arrêt. Un jeu vidéo sorti en 2002 se déroulait après les événements du film et a longtemps été considéré par les fans comme le plus proche d’une véritable suite. Un préquel avec Mary Elizabeth Winstead est ensuite sorti en 2011, accueilli de manière plutôt négative. Autant dire que l’univers de The Thing a déjà connu ses tentatives de prolongement, avec des fortunes diverses.

Ce qui rend l’éventuelle suite de 2026 différente, c’est la fin même du film original : MacReady et Childs, seuls survivants apparents, se regardant dans la neige sans savoir lequel des deux (si l’un d’eux) est encore humain. Une conclusion volontairement irrésolue qui a alimenté les débats de fans pendant quatre décennies, et qui offre justement la matière idéale pour un scénario de continuation, à condition de ne pas trahir ce qui a fait la force du film : le doute permanent, jamais complètement levé.

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