Après avoir bouclé Gladiator II, Ridley Scott n’a pas pris une seule journée de pause. Le réalisateur britannique, aujourd’hui âgé de 88 ans, tourne actuellement The Dog Stars, un thriller de science-fiction post-apocalyptique qui n’a strictement rien à voir avec les arènes romaines. Fini le sable du Colisée et les armures dorées : place à un monde ravagé par une pandémie, un vieux Cessna et un chien fidèle.
À retenir
- Ridley Scott tourne déjà son prochain film après Gladiator II sans interruption
- The Dog Stars marque un tournant radical vers la science-fiction post-apocalyptique
- Plusieurs projets monumentaux attendent le réalisateur : western, comédie musicale, et L’Île au trésor
The Dog Stars, le grand saut dans l’Amérique décimée
Le pitch a de quoi surprendre venant de l’homme qui a redonné vie à l’Empire romain. L’histoire plonge le spectateur dans un monde ravagé par un virus ayant anéanti la quasi-totalité de la population humaine, et parmi les rares survivants errent des pillards surnommés les « Reapers », sans foi ni loi. Au centre du récit, un pilote solitaire nommé Hig. Le film suit un pilote civil qui vit une vie solitaire sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine coriace, deux hommes que tout oppose mais qui dépendent l’un de l’autre pour repousser les envahisseurs. Le déclic de l’intrigue tient à un simple grésillement radio : quand une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix ravive chez le pilote l’espoir qu’une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé, et il risque tout en franchissant son point de non-retour.
Le projet s’appuie sur du matériel solide : il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Peter Heller, publié en 2012, porté à l’écran par le scénariste Mark L. Smith, déjà à l’origine de The Revenant et Twisters. Devant la caméra, un casting qui mélange stars montantes et fidèles du réalisateur : Josh Brolin, Guy Pearce et Benedict Wong retrouvent Scott, qui collabore également à nouveau avec le compositeur Harry Gregson-Williams et la chef costumière Janty Yates. Le film doit sortir pour une sortie mondiale le 28 août 2026 sous la bannière de 20th Century Studios, après un léger décalage de calendrier par rapport à une sortie initialement prévue au printemps.
Et Scott lui-même semble particulièrement fier du résultat. Dans un entretien accordé à Empire, il a déclaré qu’il s’agissait de son meilleur film des dix dernières années, une référence directe au Martien sorti en 2015. Une déclaration qui n’est pas anodine venant d’un cinéaste connu pour ne jamais mâcher ses mots sur son propre travail.
Après le naufrage antique, direction l’île au trésor
Le plus étonnant, c’est que The Dog Stars n’est qu’une étape. Ridley Scott a déjà un autre chantier sur le feu, et il est tout aussi éloigné de la toge romaine : une adaptation géante de L’Île au trésor. Le réalisateur veut adapter le roman de Robert Louis Stevenson avec Hugh Jackman dans le rôle de Long John Silver, dans ce qui s’annonce comme la version la plus ambitieuse jamais produite de ce classique, avec batailles navales et affrontements de pirates comme terrain de jeu idéal pour un nouveau spectacle épique. Le projet est si costaud que certains le comparent déjà à Pirates des Caraïbes, malgré un refus de Disney de s’y associer.
Ce qui interroge, c’est moins l’ambition que le financement. À un âge où beaucoup de réalisateurs ralentissent, Scott multiplie au contraire les gros calibres, et cela pose un problème très concret aux studios. Le cinéaste, qui fêtera ses 89 ans en novembre, prévoit de continuer à tourner bien après ses 90 ans, mais fait désormais face à l’obstacle pratique de trouver des studios prêts à financer ces productions coûteuses. Un revers de médaille logique pour des projets aussi lourds que Treasure Island, censé être sa priorité absolue, celle qu’il veut tourner en premier, à condition de trouver le studio qui accepte de la financer.
Un western mystère, une comédie musicale… et le retour au Colisée
Le plus fascinant, c’est que ces deux projets ne représentent même pas la totalité de ses envies. Scott garde dans un tiroir un scénario de western qu’il refuse encore de dévoiler. Lors d’une interview avec Collider, il a affirmé posséder le meilleur western qu’il ait jamais lu, un texte trouvé sur l’étagère d’un auteur décédé, récupéré via sa succession. Il ajoute vouloir encore cocher deux autres cases inédites de sa carrière : il lui reste une comédie musicale à réaliser, un film de pirates, et ce fameux western. Un pari sur trois genres que le natif de South Shields n’a jamais abordés en un demi-siècle de carrière.
Reste, malgré tout, une fresque antique qui refuse de mourir : Gladiator III. L’idée n’a jamais quitté l’esprit du réalisateur, qui puise son inspiration du côté de la saga Le Parrain. Scott veut faire dériver la suite d’une idée où Lucius, désormais chef incontesté, devra décider jusqu’où il est prêt à aller pour conserver sa couronne, à l’image de Michael Corleone dans Le Parrain 2. Un projet qui reste pour l’instant à l’état de promesse, sans studio ayant officiellement donné le feu vert, mais qui prouve que même occupé sur trois fronts à la fois, l’homme de Blade Runner et d’Alien n’a jamais complètement quitté Rome dans sa tête.
Ce qui frappe surtout, c’est le rythme. The Dog Stars est annoncé comme son 38e film, un chiffre qui donne le vertige pour un homme qui pourrait légitimement profiter de sa retraite depuis longtemps. La question n’est plus de savoir si Ridley Scott va s’arrêter, mais combien de studios accepteront encore de financer ses folies des grandeurs avant qu’il ne souffle sa 90e bougie.
Sources : purebreak.com | allocine.fr