Cinq heures. C’est le temps que Marion Cotillard passait chaque jour dans le fauteuil des maquilleurs pour devenir Édith Piaf sous l’objectif d’Olivier Dahan. et ce n’est pas une simple couche de fond de teint qu’on lui appliquait : on lui rasait littéralement le visage. Pour ressembler physiquement à Édith Piaf, Marion Cotillard s’est transformée physiquement avec cinq heures quotidiennes de maquillage, des sourcils et la naissance des cheveux rasés. Direct, radical, sans filtre : voilà ce qu’exigeait le rôle de la Môme.
À retenir
- Pourquoi Marion Cotillard a-t-elle accepté de se faire raser les sourcils et la naissance des cheveux ?
- Combien de temps réellement passé en maquillage a changé le visage de l’actrice jour après jour ?
- Quel prix psychologique caché se cache derrière cet Oscar de meilleure actrice ?
Sourcils, cheveux, dentition : rien n’a été laissé au hasard
Pour incarner Édith Piaf, Marion Cotillard s’est fait raser la naissance des cheveux et les sourcils, ensuite redessinés au crayon, afin de mieux ressembler à la chanteuse. Un choix qui paraît brutal, mais qui répondait à une logique précise : la mâchoire prononcée de Piaf, son front dégagé et son regard presque enfantin nécessitaient une reconstruction complète du haut du visage. L’actrice a aussi porté un dentier spécial, conçu pour se rapprocher de celui de Piaf. Détail troublant : même la bouche devait mentir.
Le magazine Vogue, cité par plusieurs rétrospectives sur les transformations d’acteurs, résume la mécanique en une phrase qui donne le vertige : « Elle a dû se raser les sourcils et une partie du crâne pour imiter l’implantation capillaire de la chanteuse ». On parle donc bien d’une intervention sur la ligne des cheveux, pas d’une simple retouche cosmétique, le genre de détail qu’on remarque à peine à l’écran, mais qui a nécessité des semaines de préparation en coulisses.
Trois heures ici, cinq heures là : un chantier qui a dérapé
Le tournage n’a pas été un long fleuve tranquille côté maquillage. Piaf est incarnée à quasiment tous les âges de sa vie dans le film, de l’adolescente des rues au trottoir jusqu’à la star declinante rongée par la morphine. Pour certaines scènes, trois heures de maquillage suffisaient, mais le chiffre grimpait selon les époques à recréer. Le vrai problème, c’est que l’équipe a tâtonné plus que prévu. Cumulativement, l’actrice a peut-être subi plus que nécessaire : les maquilleurs ont eu du mal à trouver le bon look pour Cotillard, obligeant à retourner plusieurs scènes en plein tournage.
: le fameux « cinq heures par jour » n’était pas une routine bien huilée dès le premier clap, mais le résultat d’ajustements permanents, de retours en arrière, de scènes recommencées parce que le rendu ne collait pas encore à l’image mentale que le réalisateur se faisait de la Môme. Ce chaos créatif a fini par payer : le travail en valait la peine, puisque le film a remporté deux Oscars, celui de la meilleure actrice et celui du meilleur maquillage. Un doublé rarissime pour un film français, et la preuve que l’acharnement des maquilleurs Didier Lavergne et Jan Archibald n’a pas été vain.
Un corps entier reconstruit, pas seulement un visage
Le maquillage n’était que la partie visible de l’iceberg. Cotillard mesure environ un mètre soixante-quinze — Piaf, elle, ne dépassait pas le mètre quarante-deux. L’actrice a passé jusqu’à cinq heures dans le fauteuil de maquillage pour obtenir le look vieilli de Piaf, s’est fait raser la naissance des cheveux et les sourcils, et a physiquement contracté son corps pour incarner la chanteuse de 1,42 m malgré sa propre taille bien supérieure. Concrètement, cela signifie jouer tassée pendant des heures, les épaules rentrées, les genoux légèrement fléchis, pour donner l’illusion d’une silhouette frêle et cassée par la maladie.
À cela s’ajoute un travail vocal impressionnant. Marion Cotillard a dû subir une transformation vocale radicale en pratiquant l’abaissement de sa voix de plusieurs tons, en plus des cinq heures de maquillage quotidien, tandis qu’un exercice rigoureux couplé à un travail de posture la faisait paraître aussi petite et frêle qu’Édith Piaf. Voix, posture, visage : trois chantiers menés en parallèle, sur un tournage de plusieurs mois, pour un résultat que même les critiques les plus sévères ont jugé bouleversant.
Le rôle qui ne voulait plus la quitter
Le plus étonnant, ce n’est peut-être pas ce qui s’est passé pendant le tournage, mais après. L’actrice a été hantée par le rôle durant neuf mois, allant jusqu’à tenter des exorcismes avec du sel et du feu, puis à voyager jusqu’à Bora Bora pour lui échapper. Un aveu rare dans le milieu du cinéma, qui en dit long sur l’intensité de l’immersion physique et mentale exigée par ce genre de rôle. On peut trouver ça un peu excessif, mais difficile de ne pas y voir la conséquence logique de mois entiers passés à effacer littéralement son propre visage pour laisser place à celui d’une autre.
Le film a fini couronné de quatre BAFTA, cinq César et un Golden Globe, sans compter les deux Oscars. Mais au-delà des trophées, cette histoire de sourcils rasés et de cinq heures de fauteuil illustre une réalité que le grand public oublie souvent : derrière une performance saluée comme historique, il y a des heures de travail technique invisibles, des essais ratés, et parfois un prix psychologique que l’actrice elle-même a mis des mois à payer.
Sources : puretrend.com | lalogebeaute.com