Huit hommes ont été Jason Voorhees : seul un vrai fan sait qui frappait sous le masque

Vendredi 13, c’est l’histoire d’un mythe porté par des inconnus. Jason Voorhees n’a jamais eu un visage fixe : derrière la machette et le masque de hockey se sont succédé cascadeurs, catcheurs et acteurs de composition, chacun imposant sa propre gestuelle du massacre. Certains ont marché comme une machine, d’autres ont couru comme un animal traqué. Résultat : douze films, huit interprètes, et une question piège pour les cinéphiles les plus affûtés. Saurez-vous relier chaque tuerie à l’homme qui la commettait vraiment ?

1. Le premier costume, porté par un cascadeur de l’ombre

Dans Vendredi 13, chapitre 2 (1981), le premier vrai Jason adulte est incarné par Steve Dash, un cascadeur alors quasi inconnu. Sa particularité : il ne porte pas encore le masque de hockey, mais une taie d’oreiller trouée, plus proche du folklore rural que de l’icône pop qu’on connaît. Dash campe un tueur brutal mais encore humain, presque maladroit dans ses attaques. Anecdote peu connue : c’est sur ce tournage que la production a compris qu’il fallait un visage plus identifiable, ce qui donnera naissance, un film plus tard, au fameux masque de hockey qui deviendra la signature éternelle du personnage.

2. L’homme qui a inventé le masque de hockey

Vendredi 13, chapitre 3 (1982) marque l’apparition du masque devenu culte, porté pour la première fois par Richard Brooker. Ancien artiste de cirque britannique, Brooker apporte une carrure athlétique et une présence physique intimidante, loin du tueur lourdaud des débuts. Le masque, à l’origine improvisé sur le tournage par l’équipe artistique, sera conservé pour tous les films suivants tant l’image a marqué le public en 3D à l’époque. Brooker restera fier toute sa vie d’avoir « inventé » visuellement le Jason que tout le monde imite aujourd’hui à Halloween.

3. Le tournage qui a viré au clash avec Tom Savini

Pour Vendredi 13, chapitre final (1984), c’est le cascadeur et acteur Ted White qui enfile le costume. Vétéran de plus de deux cents films, White impose un jeu plus lent, plus lourd, façon zombie ralenti. Problème : sur le tournage, il se dispute violemment avec le maquilleur effets spéciaux Tom Savini, au point que ce dernier refusera pendant des années de commenter publiquement leur collaboration. Résultat à l’écran : un Jason rigide, presque contraint, dont le jeu trahit involontairement la tension qui régnait entre les deux hommes derrière la caméra.

4. Le cascadeur qui a couru pour la première fois

Dans Une nouvelle terreur (1985), c’est le cascadeur professionnel Tom Morga qui prête ses mouvements à Jason, dans un film pourtant conçu sans son vrai retour à l’écran (le twist du scénario mise sur un tueur usurpateur). Morga, habitué des cascades sur des tournages d’action, apporte une vivacité inédite : c’est l’un des premiers Jason capable de courir franchement après ses victimes plutôt que de simplement marcher. Ce choix, mal reçu à l’époque par les fans qui voulaient un Jason lent et inexorable, sera vite abandonné dans les épisodes suivants.

5. L’ancien catcheur qui ressuscite un mort-vivant

Jason vit encore (1986) confie le rôle à C.J. Graham, ancien catcheur professionnel reconverti en acteur de cascades. Graham impose une carrure massive et un jeu plus « mort-vivant » que jamais, en cohérence avec le scénario qui ressuscite littéralement Jason par la foudre. Sa gestuelle saccadée, presque robotique, inspirera directement l’interprétation qui suivra et devienne la référence absolue de la saga. Graham confiera plus tard en interview qu’il s’était inspiré de créatures de films d’horreur classiques pour donner à Jason cette démarche de cadavre articulé.

6. Le règne le plus long : quatre films, un seul homme

De Le voyage infernal (1988) à Jason X (2001), c’est Kane Hodder qui incarne Jason sur pas moins de quatre films, un record absolu dans la saga. Ancien cascadeur au tempérament de dur à cuire (il a survécu à de graves brûlures avant sa carrière d’acteur), Hodder impose une intensité inédite : regard habité derrière le masque, respiration bestiale, gestuelle quasi habitée. Il est aujourd’hui considéré par la majorité des fans comme LE Jason définitif, celui qui a transformé un simple tueur masqué en véritable force de la nature terrifiante.

7. Le duel qui a fâché deux générations de Jason

Pour Freddy contre Jason (2003), la production choisit finalement Ken Kirzinger plutôt que Kane Hodder, jugé trop petit face à Robert Englund. Une décision qui provoquera une vraie brouille entre les deux hommes : Hodder ira jusqu’à qualifier publiquement ce choix de trahison, tandis que Kirzinger, cascadeur chevronné habitué des gabarits imposants, livrera pourtant une prestation saluée pour sa puissance physique brute. Ce choc des egos derrière le masque reste aujourd’hui l’une des anecdotes les plus savoureuses de toute la saga, preuve que même Jason Voorhees a son lot de rivalités hollywoodiennes.

Un seul masque, huit visages, et autant de façons différentes de faire courir la peur sur grand écran. Alors, la prochaine fois que vous reverrez une machette briller dans le noir, une question s’imposera : quel homme se cache vraiment derrière le masque, cette fois ?

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