« Je n’ai pas pu retenir mes larmes » : ce qu’Alexandra Lamy a fait interrompre sur le plateau de La Chambre des merveilles

Alexandra Lamy l’a répété dans plusieurs interviews autour de la sortie de La Chambre des merveilles : ce tournage l’a marquée bien au-delà du rôle. Rediffusé sur M6 le vendredi 14 août 2026, après une première diffusion sur la chaîne en avril 2025, ce drame porté par l’actrice et Muriel Robin continue de faire pleurer les téléspectateurs, exactement comme il a bouleversé son équipe pendant les prises de vues.

Le film raconte l’histoire de Thelma, mère célibataire dont la vie bascule quand son fils Louis, douze ans, est renversé par un véhicule et plonge dans le coma. En fouillant les affaires de l’adolescent, elle découvre un carnet listant dix rêves à accomplir avant la fin du monde. Elle décide alors de réaliser ces défis un à un, à sa place, et de lui raconter chacune de ces aventures dans l’espoir de le rattacher à la vie. Un postulat casse-cœur qui, sur le papier déjà, annonçait la couleur : boîte de mouchoirs obligatoire.

À retenir

  • Des scènes d’hôpital tellement émouvantes que l’auteur du roman original en a eu les larmes aux yeux sur le plateau
  • La réalisatrice Lisa Azuelos traversait un deuil personnel intense pendant le tournage, ce qui a profondément influencé la mise en scène
  • Une fin ambiguë qui divise encore les spectateurs, plus de trois ans après la sortie en salles du film

Les scènes d’hôpital qui ont fait pleurer toute une équipe

Ce ne sont pas les scènes de voyage, pourtant spectaculaires, qui ont le plus marqué les témoins du tournage. C’est au chevet du jeune patient que l’émotion a frappé le plus fort. Julien Sandrel, l’auteur du roman dont le film est adapté, s’est rendu deux fois sur le plateau et a livré un témoignage sans détour sur ce qu’il y a vu : il a assisté à deux scènes où les actrices étaient au chevet de l’enfant et en a eu les larmes aux yeux. Pas mal, pour quelqu’un qui connaissait pourtant l’histoire par cœur depuis qu’il l’avait écrite.

Alexandra Lamy elle-même n’a jamais caché la difficulté de cette immersion. Elle confiait avoir passé deux mois complètement en immersion pour tourner, au point de devoir prendre de la distance avec sa propre famille. « Avec la distance lors du tournage, j’ai beaucoup appelé ma fille et j’ai également beaucoup laissé place à l’improvisation car je suis une maman avant tout », expliquait-elle. Une phrase qui en dit long : jouer une mère au bord du gouffre, quand on est mère soi-même, ça ne se range pas si facilement dans la case fiction une fois le clap donné.

Sur le plateau, la réalisatrice Lisa Azuelos cherchait justement à éviter l’écueil du pathos too much. « Il y a dans la vie un aspect de grâce, de merveille. Ici, c’est une mère qui va veiller son fils. La mère veille, son fils est les merveilles de la vie », résumait-elle sur le tournage. Mais cet équilibre funambule entre drame et espoir n’a pas empêché les larmes de couler, y compris derrière la caméra.

Un tournage marqué par le deuil de la réalisatrice

Il y a une raison plus intime, presque secrète, à l’intensité de ce tournage. Lisa Azuelos traversait une période personnelle extrêmement douloureuse au moment d’accepter le projet : elle venait de perdre sa mère juste avant le tournage, et son père disparaîtrait peu après. Un deuil qui a irrigué toute la mise en scène. Ce deuil a profondément coloré le projet, la réalisatrice ayant reconnu y avoir trouvé une façon de questionner sa propre vie et l’idée d’aller jusqu’au bout de ses rêves, à un moment où elle se sentait elle-même « au bout ». Difficile, dans ces conditions, de tourner une scène de chevet d’hôpital sans que quelque chose se brise un peu, pour tout le monde.

La production a par ailleurs dû composer avec des conditions de tournage compliquées. Le tournage s’est déroulé en pleine période de restrictions sanitaires, ce qui a forcé l’équipe à faire preuve d’ingéniosité, et le film a même eu la particularité peu commune d’avoir trois chefs opérateurs différents : Guillaume Schiffman pour les parties parisiennes, Christophe Offenstein pour le Portugal, et Léo Hinstin pour le Japon, faute de pouvoir organiser un tournage classique et continu. Pour protéger le jeune Hugo Questel, qui incarne Louis alité durant une bonne partie du film, la réalisatrice a également régulièrement réduit ses journées de tournage, préférant filmer certaines scènes d’hôpital sans lui plutôt que de le laisser trop longtemps allongé dans un lit d’hôpital factice. L’acteur, de son côté, a reconnu que l’expérience n’avait rien d’une promenade de santé : « Je passais cinq heures par jour dans un lit. Mentalement, c’était épuisant car je me suis donné à fond dans ce rôle ».

Des baleines bien réelles et une fin qui divise encore

Tout n’a pas été que larmes sur ce plateau. L’une des séquences les plus marquantes du film, celle où Thelma nage avec des baleines, cache une anecdote assez folle. Les images de baleines devaient à l’origine être créées en images de synthèse. Finalement, invitée par une amie à plonger en Polynésie, Lisa Azuelos a rencontré un collaborateur de National Geographic et ramené de vraies images de baleines de ce voyage personnel, ensuite assemblées au montage avec les plans d’Alexandra Lamy sous l’eau. Une rencontre de hasard devenue l’un des plans les plus poétiques du film.

Reste la question qui continue d’agiter les spectateurs à chaque rediffusion : Louis se réveille-t-il vraiment à la fin ? Alexandra Lamy a admis n’avoir jamais anticipé un tel débat public. « On ne s’était pas du tout rendu compte de ça, jusqu’à ce qu’on montre le film en avant-premières en province. La fin fait vraiment débat », racontait-elle. Sa propre interprétation penche vers l’apaisement plutôt que vers l’ambiguïté tragique : « Je trouve ça très beau d’imaginer qu’elle sourit en se disant ‘je suis allée jusqu’au bout, maintenant je te libère’. Les Indiens disent qu’il faut laisser la personne s’en aller, et que le fait d’être triste, de pleurer, la retient à la vie ».

Plus de trois ans après sa sortie en salles, le 15 mars 2023, où il avait réalisé 41 356 entrées dont 19 560 en avant-première pour son premier jour, se positionnant en première place du box-office des nouveautés devant Sage-Homme, le film n’a rien perdu de sa force émotionnelle. Diffusé une première fois sur M6 en avril 2025, il y est revenu sur la chaîne le vendredi 14 août 2026 à 21h10, preuve que l’histoire de Thelma et Louis n’a pas fini de faire pleurer les foyers français, un vendredi soir comme un autre.

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