1,44 milliard de dollars encaissés dans le monde et toujours aucune suite : les deux noms que Warner attend avant de relancer Barbie

1,448 milliard de dollars de recettes mondiales, huit nominations aux Oscars, un phénomène culturel baptisé « Barbenheimer ». Et pourtant, trois ans après ce triomphe, Warner Bros. n’a toujours pas réussi à mettre en chantier la moindre suite. La raison ? Deux noms manquent encore au bas du contrat : Margot Robbie et Greta Gerwig.

Le studio joue désormais contre la montre. Les patrons du studio, De Luca et Abdy, ont environ quatre mois pour mettre un autre film « Barbie » en développement actif, sous peine de voir les droits sur la poupée emblématique revenir à Mattel. Un délai fixé à décembre 2026, selon plusieurs médias américains, et qui transforme ce qui aurait dû être la formalité la plus simple d’Hollywood (enchaîner sur le carton de l’année) en véritable psychodrame contractuel.

À retenir

  • Warner doit finaliser les accords avant décembre 2026, sinon les droits reviennent à Mattel
  • Margot Robbie et Greta Gerwig réclament des conditions financières que le PDG juge trop généreuses
  • Sans eux deux, impossible de reconstruire la magie de 2023

Trois ans de négociations, six offres refusées

Le blocage ne date pas d’hier. Dès la sortie du film en 2023, Greta Gerwig avait douché les espoirs d’une suite immédiate, confiant qu’elle se sentait « à totalement zéro » côté idées à l’époque. Mais la réalisatrice et son compagnon Noah Baumbach, coscénariste du premier volet, planchent en réalité sur un concept depuis un moment. Selon plusieurs rapports, Gerwig et Baumbach ont bel et bien une idée pour une suite, mais ils refusent d’en dévoiler les détails tant que les accords ne sont pas signés.

Le problème, c’est justement de faire signer tout le monde. Le studio a fait plus de six offres au cours des trois dernières années, toutes rejetées, la plus récente, arrivée fin du printemps, étant selon une source du studio la plus généreuse jamais proposée par Warner Bros. à une équipe de cinéastes et ses stars. De l’argent qui changerait une vie, glisse même une source à Variety. Mais l’agence CAA, qui représente les quatre créatifs sous la houlette de Bryan Lourd, n’a même pas pris la peine de contre-proposer.

Ce silence en dit long. Il révèle surtout un rapport de force inédit : contrairement à la plupart des franchises hollywoodiennes, le contrat initial ne contenait aucune clause obligeant qui que ce soit à revenir pour une suite. Les suites aux blockbusters hollywoodiens sont généralement faciles à valider, mais ce qui complique les choses pour « Barbie » c’est que les contrats originaux ne contenaient aucune obligation de faire une suite, ce qui donne à l’équipe créative la liberté et le levier de négocier de meilleures conditions. Autant dire que Robbie, Gerwig, Gosling et Baumbach tiennent le manche.

Les deux noms sans qui rien ne se fera

Dans ce dossier à quatre voix, deux noms concentrent l’essentiel des enjeux : Margot Robbie et Greta Gerwig. L’actrice-productrice, qui aurait touché environ 50 millions de dollars sur le premier volet entre salaire et intéressement, réclame une revalorisation aussi bien sur le cachet fixe que sur les recettes. Robbie, qui aurait gagné environ 50 millions de dollars entre salaire et intéressement sur le premier film, cherche des hausses à la fois sur les cachets initiaux et sur la participation aux bénéfices, et Gerwig, qui a elle aussi gagné des dizaines de millions sur l’original, poursuit des augmentations supplémentaires. Sans ces deux-là à bord, difficile d’imaginer un « Barbie 2 » qui ressemble encore à quelque chose.

Ryan Gosling, de son côté, a lui aussi mis un prix sur son retour en Ken : Gosling recherche 20 millions de dollars pour rejouer Ken. Une somme confirmée par plusieurs sources concordantes. Mais l’acteur a d’ores et déjà d’autres projets sur le feu, notamment du côté de Marvel, ce qui réduit d’autant la pression qu’il ressent à accepter dans l’urgence. Robbie et Gerwig, elles, restent les deux clés de voûte : sans la réalisatrice pour retrouver la même patte visuelle et le même ton satirique, et sans l’actrice qui incarne littéralement le rôle-titre, Mattel se retrouverait à devoir tout reconstruire depuis zéro.

Le blocage vient aussi d’en haut. Au centre de l’impasse se trouve le PDG de WBD, David Zaslav, qui aurait refusé d’approuver un accord proposé car il jugeait les conditions trop généreuses. Un dirigeant réputé pour son obsession des coûts, qui se retrouve désormais accusé, en interne comme dans la presse spécialisée, de faire capoter la franchise la plus rentable de l’histoire récente du studio pour quelques millions de dollars de trop.

Que se passe-t-il si le délai expire ?

Le scénario du pire est déjà écrit noir sur blanc dans les contrats. Si Warner Bros. et Mattel ne parviennent pas à finaliser les accords avec Gerwig, Robbie et Gosling avant que les droits ne reviennent, Mattel serait contraint de reconstruire la franchise entièrement depuis zéro, avec un nouveau réalisateur, un nouveau casting et une toute nouvelle direction créative sans lien avec l’original de 2023. Plus de Barbieland version Gerwig, plus de clin d’œil à Helen Mirren en narratrice, plus rien du langage visuel qui avait fait mouche. Tout ce qui est lié au film de Gerwig ne pourrait plus servir de base à un autre film « Barbie » en prises de vues réelles, et quiconque s’associera ensuite avec Mattel devra entièrement redémarrer la propriété.

Le timing n’arrange rien à l’affaire pour Warner. Le studio traverse une passe compliquée au box-office, entre les résultats décevants de « Supergirl » et de « The Bride », et le souvenir encore cuisant de l’abandon du film « Coyote vs. Acme ». Perdre « Barbie », sa franchise la plus lucrative de la décennie, pour une question de pourcentage sur les recettes, ferait tache. Mattel, de son côté, a déjà montré qu’il ne comptait pas rester les bras croisés : le studio-jouet a enchaîné avec « Masters of the Universe », sorti en salles avant de débarquer sur Prime Video où il caracole en tête des visionnages, malgré des recettes mondiales limitées à 113,5 millions de dollars. Un signal clair envoyé à Warner : si la poupée-vedette ne revient pas à temps, Mattel a d’autres jouets dans son coffre pour continuer à jouer sans elle.

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