Dolly Parton s’est éteinte le 25 août 2026 à Nashville, à l’âge de 80 ans. Sa famille a annoncé qu’elle était « morte paisiblement » à Nashville, dans le Tennessee, le 25 août 2026. Selon son publiciste Marcel Pariseau, la cause du décès était « une brève bataille contre le cancer ». La nouvelle a été confirmée par son neveu Bryan Seaver, qui l’a annoncée sur les réseaux sociaux de la chanteuse. Six décennies de carrière s’achèvent ainsi, mais un détail continue d’intriguer les fans qui refont le bilan de sa vie : Dolly Parton n’a jamais décroché l’Oscar compétitif que beaucoup pensaient lui être dû.
À retenir
- Deux nominations aux Oscars pour la meilleure chanson, deux échecs face à d’autres candidats
- Un prix d’honneur reçu un an avant sa mort, mais jamais la statuette compétitive attendue
- Un contraste saisissant : 11 Grammy Awards et des victoires partout ailleurs, sauf aux Oscars
Deux nominations, deux défaites
Bien qu’elle n’ait jamais remporté d’Oscar compétitif, Parton a été nommée deux fois pour la meilleure chanson originale : pour « 9 to 5 » en 1981, l’hymne féministe de la comédie dans laquelle elle jouait aussi, et pour « Travelin’ Thru » en 2006, écrite pour le film Transamerica. Deux chansons devenues iconiques, deux occasions manquées. En 1980, elle perd face à « Fame » du film du même nom, et en 2005, c’est « It’s Hard Out Here for a Pimp » tiré de Hustle & Flow qui repart avec la statuette. Une défaite face à un morceau de hip-hop qui a marqué les esprits à l’époque, tant l’écart stylistique entre les deux titres semblait immense.
Le paradoxe est frappant quand on connaît l’ampleur de son empreinte sur la culture populaire. « 9 to 5 » n’était pas qu’une chanson de film : elle est devenue un hymne du monde du travail, rejouée, samplée, reprise dans d’innombrables publicités et séries. Pourtant, l’Académie des Oscars, dans sa version compétitive, n’a jamais voulu couronner ce morceau ni celui composé vingt-cinq ans plus tard pour un film traitant de transidentité, sujet pourtant salué à l’époque pour son audace.
L’Oscar d’honneur, une consolation tardive
L’Académie a fini par corriger le tir, mais pas de la manière dont les fans l’espéraient. En 2025, Dolly Parton a fait partie des récipiendaires d’un Oscar d’honneur lors des Governors Awards, aux côtés de Tom Cruise, Debbie Allen et Wynn Thomas, lors d’une cérémonie qui s’est tenue au Ray Dolby Ballroom d’Ovation Hollywood le 16 novembre. Ce prix n’a rien à voir avec une compétition : la présidente de l’Académie, Janet Yang, a expliqué que la chanteuse « incarne l’esprit » du prix « à travers son dévouement sans faille aux causes caritatives ».
Concrètement, il s’agissait du Jean Hersholt Humanitarian Award, une récompense honorifique remise pour l’engagement philanthropique plutôt que pour un film précis. Depuis 1988, Parton a fondé la Dollywood Foundation pour encourager la réussite scolaire des enfants de son comté d’origine, et l’organisation a lancé en 1995 le programme de littératie Imagination Library. Un prix mérité, sans doute, mais qui reste, quoi qu’on en dise, une manière pour l’Académie de célébrer une icône sans jamais avoir eu à trancher entre elle et un concurrent lors d’une vraie soirée de compétition. L’ironie n’a échappé à personne : Hollywood adore Dolly, mais préfère visiblement la couronner hors catégorie plutôt que face à ses pairs.
Un contraste saisissant avec le reste de son palmarès
Ailleurs, la moisson est autrement plus généreuse. Du côté des Grammy, sa relation avec la cérémonie est tout simplement historique : elle a remporté 11 Grammy Awards sur 55 nominations, la plaçant parmi les artistes féminines les plus nommées de l’histoire de la cérémonie. Elle a longtemps détenu le record du plus grand nombre de nominations pour une artiste féminine, record aujourd’hui détenu par Beyoncé depuis la 56e cérémonie des Grammy.
Côté télévision, la reconnaissance est venue plus tard mais tout aussi solidement. Sa première nomination aux Emmy remonte à 1978 pour The Cher… Special ; des décennies plus tard, en 2021, elle a remporté un Emmy Award dans la catégorie meilleure télé-film en tant que productrice exécutive du programme spécial de Noël de Netflix, Dolly Parton’s Christmas on the Square. Elle a également décroché une nomination aux Tony Awards pour son travail sur scène, complétant un tableau de chasse qui traverse pratiquement toutes les disciplines du spectacle américain.
Un chiffre résume tout le paradoxe : selon les décomptes les plus larges de sa carrière, elle totalise 190 victoires pour 384 nominations toutes récompenses confondues. Presque un ratio d’une victoire sur deux, un score que peu d’artistes peuvent revendiquer sur une carrière aussi longue. Et pourtant, la seule case qui lui a résisté jusqu’au bout reste celle, très spécifique, de l’Oscar compétitif. Un symbole peut-être plus révélateur du fonctionnement fermé du système hollywoodien que d’un quelconque manque de talent de la part de la femme derrière « Jolene » et « I Will Always Love You ».
Sources : au.rollingstone.com | ideas.fandom.com | en.wikipedia.org