Quatre ans après No Time to Die, le costume de James Bond est toujours vide : ce qui a enfin débloqué la liste des prétendants n’est pas venu de Londres

Le smoking est toujours accroché dans le placard, sans personne pour l’endosser. Cinq ans après le générique de fin de No Time to Die, où Daniel Craig tirait sa révérence dans une explosion très littérale, aucun acteur n’a officiellement hérité du costume de James Bond. Mais quelque chose a bougé ces derniers mois, et ce déblocage n’est pas venu d’un bureau londonien de Mayfair. Il est venu de Seattle, siège d’Amazon.

À retenir

  • Les droits créatifs passent des producteurs historiques à Amazon MGM : un changement qui débloquerait enfin le casting
  • Denis Villeneuve réalisateur et Steven Knight scénariste promettent un Bond introspectif et éloigné de l’action pure
  • Une short list serrée comprend Callum Turner, Aaron Taylor-Johnson et une star surprise de la série Slow Horses

Le verrou n’était pas artistique, il était corporate

Pendant des années, la question du prochain 007 a été traitée comme un simple casse-tête de casting. En réalité, le vrai obstacle était juridique et capitalistique. Amy Pascal et David Heyman ont pris le contrôle créatif de la franchise Bond en 2025 après le rachat par Amazon MGM de l’intégralité des droits Bond auprès de Barbara Broccoli et Michael G. Wilson. tant que les héritiers historiques d’EON Productions gardaient la main sur chaque virgule du scénario, aucune décision de casting ne pouvait avancer sérieusement.

Ce basculement change la nature même du problème. Depuis le rachat des droits créatifs par Amazon MGM Studios en 2022, le projet a changé de visage, avec l’écartement des producteurs historiques Barbara Broccoli et Michael G. Wilson, qui supervisaient chaque décision artistique de la saga depuis les années 1990. Résultat : Amazon contrôle désormais entièrement le développement du film, une bascule qui explique en grande partie l’ampleur des changements annoncés. Ce n’est donc pas un réalisateur, un agent ou un comité de fans qui a fait sauter le bouchon. C’est un changement d’actionnaire.

Villeneuve et Knight, l’architecture qui a tout accéléré

Une fois la question de la propriété tranchée, les pièces se sont mises en place étonnamment vite. Le production line-up vérifié comprend le réalisateur Denis Villeneuve, le scénariste Steven Knight, et les producteurs Amy Pascal et David Heyman. Le choix de Villeneuve n’est pas anodin : dans plus de cinquante ans d’existence, l’attente entre deux films Bond n’avait jamais dépassé six ans, et l’annonce que Denis Villeneuve réalisera le 26e film place la franchise dans les mains d’un des cinéastes les plus respectés du cinéma à gros budget.

Le duo Villeneuve-Knight dessine une intention claire. La combinaison Villeneuve plus Knight promet un Bond plus introspectif, plus thriller, qui s’éloignerait de l’action pure pour revenir au registre du film d’espionnage anglais classique, façon Skyfall ou la grande époque John le Carré. Autant dire que le prochain 007 ne sera pas recruté pour ses abdominaux, mais pour sa capacité à porter un rôle écrit avec de la nuance. D’ailleurs, la production a aussi confirmé Tanya Lapointe comme productrice exécutive, complétant une équipe désormais verrouillée avant même qu’un visage soit annoncé.

Une liste de prétendants qui ne cesse de s’allonger

Le calendrier de casting, lui, a fini par se préciser au printemps. En mai 2026, il a été annoncé que le processus de casting pour l’acteur qui jouera James Bond avait officiellement débuté, et le studio recherche un acteur jeune, dans la vingtaine ou au début de la trentaine, de nationalité britannique ou originaire d’un pays du Commonwealth. Une orientation qui, elle, reste fidèle à l’ADN de la saga : jamais une star déjà installée, toujours un visage à révéler.

Sur le papier, la liste des prétendants ressemble à un casting de Fashion Week londonienne. Callum Turner, longtemps favori des bookmakers, Aaron Taylor-Johnson, cité depuis des années, mais aussi Jacob Elordi, Harris Dickinson, Riz Ahmed ou Louis Partridge circulent selon les médias spécialisés. Plus récemment, un nom a surgi d’un tout autre univers télévisuel : le plus connu pour la série d’espionnage d’Apple TV Slow Horses, dans laquelle il incarne River Cartwright, est devenu depuis juillet 2026 l’un des noms les plus évoqués pour incarner le nouveau James Bond. L’ironie n’échappe à personne : l’un des favoris pour jouer le plus célèbre espion du cinéma s’est fait connaître en jouant… un espion raté à la télévision.

Denis Villeneuve dirige, Amy Pascal et David Heyman produisent, Tanya Lapointe est productrice exécutive et Steven Knight écrit le scénario, mais côté casting director, Variety a révélé que Nina Gold, connue pour Game of Thrones, sera la directrice de casting du film, même si Amazon MGM n’a pas officiellement confirmé ce point.

Une annonce attendue avant la fin de l’année

Reste la question qui obsède les paris en ligne depuis cinq ans : quand connaîtra-t-on enfin le nom ? La productrice Amy Pascal a fini par lâcher une indication concrète lors d’une interview accordée à Deadline. Elle a affirmé que « la fin de l’année est un bon pari » concernant le calendrier de l’annonce, ajoutant : « Nous sommes vraiment, vraiment méthodiques. Ayant travaillé avec Barbara Broccoli au sein du studio, je veux dire, Daniel Craig est un dur acte à suivre. Et il faut que ce soit quelque chose de vraiment différent, qui bouleverse, qui excite ».

Concrètement, le tournage n’est pas attendu avant 2027, avec une sortie en salles visée pour 2028, soit sept ans après la dernière apparition de Craig dans le rôle. Le réalisateur Denis Villeneuve et les producteurs Amy Pascal et David Heyman auraient déjà notifié des acteurs pour la dernière ligne droite des auditions d’août, un signe que la short list s’est resserrée. Une rumeur plus fraîche encore, relayée par un insider sur les réseaux sociaux, avancerait même une annonce dès octobre. Rien d’officiel pour l’instant, mais l’attente, elle, entre enfin dans sa dernière ligne droite.

Ce qui frappe dans ce dossier, c’est le contraste entre le folklore très britannique du personnage, le costume trois pièces, le martini, l’accent de Belgravia, et la mécanique bien plus américaine qui a fini par débloquer le processus. Amazon n’a pas cherché un nouveau visage. Il a d’abord fallu qu’un géant de Seattle rachète le droit de décider qui aurait le droit de le chercher.

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