Si Joseph Kosinski a confié le méchant de Miami Vice ’85 à John Leguizamo, ce n’est pas pour le clin d’œil : c’est ce que le duo pastel de la série ne pouvait plus porter

John Leguizamo va incarner le grand méchant de Miami Vice ’85, la relecture cinéma signée Joseph Kosinski du classique des années 1980. Selon les informations de la Hollywood Reporter, l’acteur colombien rejoint un casting qui compte déjà Austin Butler, Michael B. Jordan, Alden Ehrenreich, Whitney Peak, Camila Morrone et Danny Ramirez. Le tournage doit démarrer à l’automne, entre New York et Miami, filmé intégralement en IMAX.

La sortie est calée sur le 19 mai 2028. Trois ans d’attente, donc, avant de voir Crockett et Tubbs reprendre du service sur grand écran. Le temps que Kosinski peaufine ce qui s’annonce comme l’un de ses projets les plus ambitieux depuis Top Gun: Maverick.

À retenir
  • John Leguizamo incarne un baron de la drogue dans Miami Vice ’85, film de Joseph Kosinski sortie le 19 mai 2028
  • Le succès critique de Leguizamo dans The Odyssey le positionne comme une valeur montante du prestige hollywoodien, transformant ce choix en casting stratégique plutôt qu’une relégation
  • Face aux héros glamour et lisses d’Austin Butler et Michael B. Jordan, Leguizamo apporte la texture dramatique et la menace morale nécessaires pour porter le poids du récit

Un cartel boss, pas un simple clin d’œil

Qui incarne exactement Leguizamo reste sous clé, mais des sources indiquent qu’il s’agira d’un baron de la drogue. Un choix qui, sur le papier, ressemble à une évidence tant l’acteur a marqué les années 1990 par des rôles de criminels charismatiques. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel.

Leguizamo a longtemps critiqué Hollywood pour avoir enfermé les acteurs latinos dans des rôles de trafiquants et de criminels, et sa tournée promotionnelle pour The Odyssey a justement porté sur l’incapacité de l’industrie à proposer des rôles plus variés aux Latinos. Accepter un rôle de cartel boss dans un film sur le Miami des années 80 semble donc contredire son propre discours. Mais la donne a changé depuis cet été.

Leguizamo vient de conquérir la critique dans le rôle d’Eumaeus dans The Odyssey de Christopher Nolan. Ce passage chez Nolan change tout : il n’arrive plus à Miami Vice comme un acteur de composition qu’on cantonne, mais comme une valeur montante du prestige hollywoodien qu’on va chercher précisément pour sa capacité à donner de l’épaisseur à un antagoniste. Son tour de force dans The Odyssey, devenu le plus gros succès mondial d’Universal avant ajustement à l’inflation, a changé sa cote sur le marché.

Pourquoi Crockett et Tubbs ne pouvaient plus porter le film seuls

Butler et Jordan incarnent le glamour visuel de la franchise, les costumes clairs, les Ferrari, l’esthétique léchée qui a fait la légende de la série originale. Mais un film de casse ou de cartel ne tient pas uniquement sur ses héros. Il a besoin d’une menace qui pèse autant, sinon plus, que le duo vedette.

C’est là que la stature récente de Leguizamo devient stratégique. Face à deux stars aussi lisses et photogéniques que Butler et Jordan, il fallait un adversaire capable d’apporter de la texture, de l’imprévisibilité, une présence qui ne se contente pas de brandir une arme. Kosinski s’est construit une réputation de réalisateur fiable de spectacle stylisé et haut en énergie, après Top Gun: Maverick puis F1, et troque ici les avions de chasse et les voitures de course pour les hors-bord et la vie nocturne éclairée au néon.

Un film d’action pur suffit rarement à faire vibrer un cinéma entier pendant deux heures. Butler et Jordan doivent incarner James Crockett et Ricardo Tubbs, les deux détectives sous couverture stylés qui naviguent dans le glamour et la corruption du Miami du milieu des années 1980. Leur duo, aussi soigné soit-il visuellement, ne suffit pas à générer une tension dramatique. Il fallait un contrepoids d’une autre nature, capable de porter le poids moral du récit autant que sa menace physique.

Une adaptation fidèle à l’esprit du pilote original

Le scénario signé Dan Gilroy explore le glamour et la corruption du Miami du milieu des années 1980, dans une version totalement inédite de Miami Vice, inspirée de l’épisode pilote de la série culte diffusée sur NBC de 1984 à 1990. Le film s’appuie sur les personnages créés par Anthony Yerkovich, producteur exécutif de la série originale aux côtés de Michael Mann.

Une première version du script avait été écrite par Eric Warren Singer avant que Gilroy, connu pour l’écriture nerveuse de Nightcrawler, ne reprenne la plume. Ce choix d’auteur en dit long sur l’ambition du projet : loin d’un simple reboot nostalgique, Kosinski semble vouloir injecter une vraie noirceur scénaristique dans cet univers pastel.

Reste à voir comment Leguizamo va composer ce cartel boss, entre respect de son propre discours sur la représentation et exigence d’un rôle taillé pour marquer les esprits. L’acteur a également tourné récemment pour le film Exorcist d’Universal avec Scarlett Johansson, et sera bientôt visible dans Bullet Catch. Un calendrier chargé qui confirme, s’il en fallait, que sa cote n’a jamais été aussi haute.

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